Comédie gay friendly et leçon d'histoire: la sélection ciné
Outre Michel Blanc et Miou-Miou, on suit dans «Une petite zone de turbulences» Cyril Descours dans le rôle du fils homo, beau gosse et inconstant. Dans un autre registre, «Invictus» de Clint Eastwood vaut le coup d'œil… Avis et bandes-annonces.

UNE PETITE ZONE DE TURBULENCES
Tiré d'un livre de l'anglais Mark Haddon, cette comédie familiale est un joyeux pamphlet contre les vicissitudes de la vie familiale vues à travers les yeux paumés d'un hypocondriaque et d'un jeune gay perdu…
Un couple bourgeois au bonheur apparemment sans nuage jongle entre le (second) mariage de leur fille qui a l'intention d'épouser un gentil «bourrin» et les tribulations de leur fils homo, incapable d'officialiser sa liaison avec son amant. Accessoirement, le mari se voit mourir d'un cancer et l'épouse batifole avec le meilleur ami de la famille… Tirée de A Spot of Bother de Mark Haddon, cette comédie franchement britannique est adaptée par Michel Blanc.
Alors que le roman d'origine maniait avec élégance et férocité un humour très noir, cette adaptation est moins mordante que le livre. Mais Michel Blanc, qui est aussi l'acteur principal, est épatant en quinqua hypocondriaque et le reste du casting (Miou-Miou, Melanie Doutey, Gilles Lellouche) très en forme dans des rôles assez antipathiques. En fils homo, beau gosse et inconstant, Cyril Descours (ci-dessus, à droite) ne manque ni de justesse, ni de présence. Son ami est joué par le Belge Yannick Rénier (à gauche) décidément toujours aussi séduisant en trentenaire tentateur, vu récemment dans Plein Sud (où il faisait perdre la tête à Théo Frilet) et Nés en 68. Au final, une comédie très british qui fait passer un bon moment.
Un film de Alfred Lot
Avec Michel Blanc, Miou-Miou, Mélanie Doutey, Cyril Descours et Yannick Rénier
Comédie.
Durée: 1h48.
La bande-annonce:
INVICTUS
À la façon d'un conte de fée hollywoodien, cette histoire montre la sensibilité humaine et le sens politique d'un leader charismatique qui, même après des années de souffrance, choisit la réconciliation comme arme de combat. Pour un résultat pas totalement maîtrisé.
En portant à l'écran un scénario d'Anthony Peckham (tiré du livre Playing the Enemy de John Carlin), le réalisateur de Million Dollar Baby se penche sur un moment charnière de l'histoire de l'Afrique du Sud et de la vie de Nelson Mandela. En 1995, quelques mois après avoir accédé à la présidence de son pays, Mandela a saisi l'occasion de la tenue de la Coupe du Monde de rugby sur ses terres pour en appeler à la réconciliation nationale. Le récit illustre ainsi comment, malgré ses 27 années de détention à l'époque du régime de l'apartheid, Mandela (Morgan Freeman) a pu trouver les ressources pour unifier une nation profondément déchirée. Et obtenir l'appui des Noirs comme des Blancs. Un exploit dans un pays où l'équipe des Springboks, formée, à une exception près, de joueurs blancs, a longtemps symbolisé aux yeux de la population noire le régime raciste qui l'a tant persécutée. Mandela a pourtant pris le pari de transformer un symbole de haine et de division en instrument d'unification, en appelant la population noire à soutenir l'équipe nationale au nom de la survie du pays.
Si la scène de la grande finale, disputée face à l'équipe de la Nouvelle-Zélande, est fort bien tournée, on sent un peu le temps long avant d'y arriver. L'interprétation est solide, Morgan Freeman est imposant. Tout comme Matt Damon, malgré un Afrikaans un peu hésitant. Après le triomphal Gran Torino, Clint Eastwood signe une belle leçon d'histoire. Mais pas son meilleur film.
Un film de Clint Eastwood
Avec Morgan Freeman et Matt Damon
Drame
Durée: 2h10
La bande-annonce (en VF):


















De NémoGizmo
le très charmeur et "nature" Yannick Rénier joue encore un gay, cela lui va comme un gant, miam miam... :-) et Michel Blanc, une nouvelle fois, comme auteur, parle d'homosexualité :o)) manifestement il maitrise mieux son sujet de son ex comparse du Splendid Gérard Jugnot :-P !
De Sarkolusconi
Tu as chaussé tes gros sabots aujourd'hui ?
De NémoGizmo
yes :o)
... pour rester dans les clous, dans la loi.
De Sarkolusconi
cela dit, clins d'oeils et jeux de mots à part, ce n'est pas parcequ'il a (un peu) raté son dernier film, que Jugnot ne maîtrise pas le sujet. Son engagement humaniste mérite d'être salué, et il n'hésite pas à "aller au charbon" (Cf. le Rose et le noir), et à embarquer son (charmant) fiston Arthur (LA scène hilarante des Bronzés 3).