CocoRosie: les soeurs les plus déjantées sont de retour
INTERVIEW. Les déjantées CocoRosie reviennent avec leur quatrième album, intitulé «Grey Oceans». Le duo nord-américain nous plonge dans un univers entre pop et folk, ensorcelé et ensorcelant. Et comme leur folie créative ne s'arrête jamais, elles nous donnent déjà rendez-vous pour une tournée française. TÊTUE les a rencontrées.
TÊTUE: Votre quatrième album sort bientôt, comment vous sentez-vous?
CocoRosie: Nous sommes excitées. En ce moment on voit souvent la presse donc on réfléchit beaucoup à la manière dont on perçoit Grey Oceans. Et puis nous allons commencer à préparer notre tournée.
Doit-on s'attendre à des surprises pour cette tournée?
Disons que c'est encore une surprise pour nous! Mais oui bien sûr, il y aura des surprises avec tout ce qu'on prévoit en dehors de notre musique, des vidéos, des photos...
Vous n'avez pas l'air stressé?
Si, les préparatifs c'est toujours stressant, mais on pense surtout au moment où l'on montera sur scène, ce sera vraiment cool!
Revenons à votre album, comment s'est passé l'enregistrement?
C'était une expérience dingue! Nous venions de terminer une tournée en Amérique du Sud, à Buenos Aires, et nous étions pleines de musique et d'idées, nous avons enregistré sept chansons à ce moment là. C'était une totale improvisation, nous avons passé plusieurs nuits délirantes d'affilée, à explorer de nouveaux univers, de la pop à la dance. Nous sommes aussi passées par Paris, Berlin, New York, et Melbourne, et après un an d'expériences sporadiques, c'est devenu beaucoup plus sérieux et caustique.
Comment définissez-vous l'univers de ce quatrième opus?
Tout se passe au crépuscule. Vous savez ce moment où vous commencez à vous endormir mais vous essayez de rester éveillé, d'arrêter le temps? Nous avons beaucoup médité et travaillé dans cet état d'esprit, entre deux mondes. Votre inconscience sort de votre contrôle et commence à rêver toute seule, c'est un instant de grande créativité!
Quelle chanson représente le mieux cet univers et cet album?
Je pense que c'est la chanson numéro 2, Smokey Taboo. Elle cristallise tous les thèmes que nous abordons, et représente bien la connexion entre l'être humain et la spiritualité.
Une question à propos de votre look, vous y attachez une grande importance, pourquoi?
Je ne sais pas, c'est une émotion. Pour nous, s'habiller c'est avant tout une question d'humeur.
Et aujourd'hui quel est votre état d'esprit?
Nous n'avons pas l'habitude de définir notre état d'esprit. Disons que c'est un peu comme une romance personnelle, même quand on ne voit personne à l'extérieur, c'est le même rituel. Par exemple le bureau sur lequel j'écris est aussi l'endroit où je me maquille, il n'y a pas de séparation avec notre travail. Nous préparer peut nous prendre des heures, parfois ça demande plus de créativité que nos concerts. On prend le temps de cultiver notre inconscient, pour rester éveillées, être dans le présent. Oui c'est ça, c'est un rituel, vous pourriez trouver la même chose dans des pratiques religieuses.
«La religion et la société patriarcale ont fait de l'ombre à la spiritualité, et beaucoup de gens ont rejeté tout ce qui s'y rapporte.»
Vous parlez beaucoup de spiritualité et de religion, est-ce votre éducation qui parle?
Non, au contraire! Notre famille n'était pas du tout religieuse. Nous étions même isolés car nos parents menaient une vie «ésotérique», nous n'avions pas de télé ni de chaîne stéréo. Du coup, nous avons développé une certaine attirance pour la religion et les groupes de catéchisme auxquels participaient les autres enfants. On y allait en douce pour rencontrer, draguer les garçons et les filles, et avoir nos premières relations sexuelles! C'était notre «bible social time». (rires)
En parlant de sexualité, vous cultivez une forte ambiguïté, et vous êtes devenues des icônes pour les lesbiennes, ça vous plaît?
Nous sommes contentes d'être connectées au mouvement LGBT. Si d'une certaine manière on peut aider ou inspirer les jeunes lesbiennes, à développer leur propre personnalité, et leur propre moyen d'exprimer leur sexualité, on est ravies. C'est très important, surtout à l'adolescence, on peut très vite entrer dans un rôle qui ne nous correspond pas, et duquel on pourra mettre des années à sortir. Nous avons toutes les deux compris ça très tôt, et ne pas tomber là-dedans est notre motivation depuis très longtemps.
Ça veut dire que vous vous assumez en tant que lesbiennes?
Bianca: Oui, je me définis comme lesbienne. Je ne suis pas totalement satisfaite de ce terme, mais je pense que c'est ce qui me définit le mieux.
Sierra: Moi je n'ai jamais aimé les étiquettes....
Un dernier mot?
Si nous devions partager une partie de notre expérience personnelle, ce serait notre rapport à la spiritualité. La religion et la société patriarcale ont fait de l'ombre à la spiritualité, et beaucoup de gens ont rejeté tout ce qui s'y rapporte. Nous, nous avons trouvé un moyen personnel de pratiquer notre spiritualité, à travers la créativité. Nous le conseillons à tous.
Photo Margaux Guignard
Grey Oceans sera dans les bacs le 3 mai prochain. Les CocoRosie, elles, entameront leur série de concerts le 30 avril à Rouen. Elle seront au Casino de Paris le 21 mai.
D'ici là, découvrez le trailer de Smokey Taboo:










LES CHAÃŽNES 











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De Violette
J'adore CocoRosie, et je ne savais même pas qu'elles étaient des icônes lesbiennes. Gaydar, quand tu nous tiens !