Chéries-Chéris, le festival de films gays, lesbiens, trans de Paris fête ses 15 ans
INTERVIEW. En levée de rideau du 15e festival de films gays lesbiens trans de Paris, qui débute ce lundi et se tiendra jusqu'au 21 novembre, au Forum des images, rencontre avec Florence Fradelizi, sa programmatrice depuis 1998.

Une image de Were the World Mine, de Tom Gustafson, diffusé le samedi 28 novembre.
Nuit d'ivresse printanière de Lou Ye en ouverture. I Love You Philip Morris (la nouvelle comédie avec Jim Carrey) en clôture. Mais aussi Strella, de Panos Koutras, Mourir comme un homme, de João Pedro Rodrigues (la réalisateur de O Fantasma) ou le premier film homo tourné en basque de Ander, de Roberto Caston. Comme à son habitude, le festival de films gays, lesbiens, trans de Paris va encore proposer cette année un large panorama, en tout prés de 80 œuvres, du court au doc’ en passant par le long-métrage. Le festival fêtera également ses 15 ans d’existence. Présentation de l’édition 2009 et retour sur le parcours de ce rendez-vous incontournable avec Florence Fradelizi, programmatrice du festival depuis 1998.
TÊTU: Cette année, le festival fête sa 15e édition. Quel regard portez-vous sur les quinze années écoulées?
Florence Fradeliz: Déjà, on a réussi à tenir 15 ans. Et ce n'était pas gagné d’avance. Au début, on nous disait: "On est dans une République, pourquoi faire du communautarisme". Aujourd'hui, on tient la route tant au niveau des professionnels qui nous suivent vraiment – de Epicentre aux géants comme UGC ou EuropaCorp – que du public. En fréquentation, le festival est devenu ainsi le deuxième festival de Paris avec une moyenne de 7500 spectateurs. Il y a une époque où des distributeurs ne nous lâchaient pas certains films de peur qu'ils soient «étiquettés». Aujourd'hui, ce n'est quasiment plus le cas.
L'accroche du festival est «Chéries–Chéris». On a l'impression que l'on est passé de la question de la militance à la question du genre?
Tout à fait. C'est ce qui se passe dans tout le mouvement gay. En se plaçant comme des observateurs curieux d'une société en évolution, c'était une évolution évidente.
Les 30 ans Stonewall, les 20 ans de la chute du mur, les 20 ans d'Act Up, le calendrier vous aide cette année?
Le festival n'a jamais vraiment voulu mettre le focus sur une seule programmation. Il y a une vraie volonté d'éclectisme. C'est riche, on a essayé de construire la programmation autour de ces événements en se demandant comment le cinéma les a relayés.
Quelle sera la couleur du festival, une thématique «combattante»?
Ce sera plutôt un pont. Ou comment l'histoire peut laisser une trace sur la pellicule. Pour l'hommage à Act Up par exemple, on va essayer de réunir des gens qui ont filmé les premières manifestations pour les expliquer cinématographiquement. Il y aura en tout 70 à 80 films.
Les films gays sortent de moins en moins en salles. Et ceux qui trouvent le chemin d'une vrai sortie comme A la carte ou Patrick 1.5 traitent très souvent d'homoparentalité?
Les producteurs suivent l'air du temps. A partir du moment où ces films dérangent moins et font parti d'un discours universaliste et commun, ils entrent plus facilement dans un «circuit normal». Mais s'il est dommage que des films sur la délinquance ou la lesbophobie soient si difficiles à produire. On peut penser ce que l'on veut du Otto de Bruce La Bruce, mais il aurait dû sortir en salle en France. Ces thèmes sont forts, la pornographie, la mort avec de vrais qualités esthétiques. Il n'a pourtant pas trouvé de distributeur. A partir du moment où la marge est intégrée, on oublie d'où elle vient…
Vous arrivez toujours à tenir alors que beaucoup de festivals souffrent de la crise?
La mairie de Paris, la région Ile de France et la DRAC (Directions régionales des affaires culturelles) nous aident du côté institutionnel. Soyons clairs, des appuis plutôt situés à gauche. Le privé s'est désengagé, comme Canal+. C'est la raison pour laquelle La nuit gay est déconnectée du festival. Il y a eu es choix budgétaires de la chaîne qui a préféré soutenir L'étrange festival. Les investisseurs privés ne prennent plus de risques. Notre budget est très faible, il tourne autour de 70 000 €. Tout est presque fait par le système D.
Vous revenez cette année dans un Forum des images transformé?
Le Rex nous a permis de perdurer pendant deux ans, mais c'est une joie de revenir au Forum qui est un vrai lieu de festival. C'est un espace magnifique, il a été repeint pour nous. Il est rose!
Propos reccueillis par Louis Maury
15e festival de films gays, lesbiens, trans de Paris, du 16 au 22 novembre, au Forum des Images, à Paris.
Retrouvez toute la programmation sur ffglp.net, le blog http://cheries-cheris.blogspot.com et toute l'actualité du festival à suivre sur tetu.com












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De play75010
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