Bruxelles célèbre l’icône lesbienne Frida Kahlo
Le palais des Beaux-arts de Bruxelles consacre une rétrospective exceptionnelle à l’artiste mexicaine, aujourd’hui icône des féministes et des lesbiennes, dont les autoportraits violents et sublimes ont marqué l’histoire de la peinture.

Une femme seule, à la fine moustache et au regard perçant: voilà la représentation la plus connue de Frida Kahlo, artiste mexicaine devenue icône pour les féministes et les lesbiennes.

Frida Kahlo et son monde, l’exposition qui lui est consacrée jusqu’au 18 avril au palais des Beaux-Arts de Bruxelles, est assez petite en taille, mais fort intéressante par son approche. Le titre renvoie au monde intérieur de l’artiste (1907-1954), dont la vie a été marquée par de graves problèmes de santé. Renversée par un bus à l’âge de 18 ans, elle s’en sort par miracle mais avec de multiples fractures. Sa jambe gauche, son bassin, ses côtes et surtout une partie de sa colonne vertébrale ont été brisés par la violence du choc, son abdomen transpercé.
Elle restera alitée pendant près de trois mois. Un an après l’accident, ses douleurs au dos l’obligent à se rendre de nouveau à l’hôpital. Immobilisée pendant des mois, contrainte de porter une série de corsets en plâtre, elle commence à peindre. On place un miroir au-dessus de son lit. C’est le début d’une série d’autoportraits dans lesquels il est souvent question de ses souffrances. Suite à son terrible accident, elle ne pourra jamais avoir d’enfants et fera de nombreuses fausses couches – autre thématique incontournable dans son œuvre.
Une artiste féministe et bisexuelle
Membre du parti communiste, Frida Kahlo refuse le destin promis aux Mexicaines. Tout de suite, elle cherche à voyager, s’enrichir intellectuellement, à se faire connaître dans un milieu artistique très masculin. Ce qu’elle fera d’ailleurs. Frida deviendra même par la suite une icône féministe. Côté vie privée, elle épousera le peintre Diego Rivera, mais aura de nombreuses aventures, avec des hommes et… des femmes.
Le grand public n’a découvert son œuvre que dans les années 80, quand Madonna a acheté en vente publique deux de ses tableaux, et depuis, sa popularité n’a fait qu’augmenter. Au Mexique, son nom fait l’objet d’un véritable merchandising, dont l’exposition bruxelloise a préféré s’éloigner pour mieux se recentrer sur sa peinture, qui est un travail d’introspection mêlant la forme populaire mexicaine et son regard de féministe.
Une rétrospective intimiste très réussie
Les œuvres sont mises en scène dans un espace transformé à l'aide de parois inclinées et de jeux de miroir. A la manière d'un labyrinthe intimiste, la rétrospective Frida Kahlo et son monde invite à redécouvrir les toiles sous différents angles, l'une se détachant sous nos yeux tandis que deux ou trois autres semblent flotter dans l'espace. Une réussite totale qui attire d’ailleurs la très grande foule. Pour visiter l’exposition, il est d’ailleurs prudent de réserver.
Frida Kahlo et son monde, jusqu’au 18 avril, au palais des Beaux-arts, à Bruxelles.
Vidéo de l’exposition et entretien avec Carlos Philips, directeur du musée Dolores Olmedo:
Photos: En haut: Autoportrait au petit singe (1945), au centre: Frida Kalho dans son jardin de Coyoacán, en bas: La Colonne brisée (1944). Crédits: Berenice Kolko - Banco de México. Fideicomiso Museos Diego Rivera y Frida Kahlo. Vidéo: Bozar.


















De jujulo54
Titre et chapeau lamentables car très réducteurs. La preuve, le lesbianisme annoncé dans le titre se réduit dans l'article à "aura de nombreuses aventures, avec des hommes et… des femmes." Il faudrait alors parler de bisexualité. Quant au fait que Frida Kahlo eût été découverte par le grand public grâce à Madonna... c'est du grand n'importe quoi. Je peux à la rigueur comprendre que vous ne vous intéressiez qu'à des personnes qui ont un rapport avec l'homosexualité, mais évitez ces fausses informations , ces titres racoleurs qui ne visent qu'à attirer le lecteur. Mais bon, quand on est capable de mettre Philip Nokolic et les Spice Girls dans la rubrique culture...