Benjamin Schneid: «Fidélité ou pas, il n’existe pas de modèle idéal»
LIVRE. Après «La Tentation», un premier roman remarqué, Benjamin Schneid est de retour avec «En mâles d'amours». Cette fois, l'écrivain nous parle de trois garçons qui tentent de concilier leurs besoins affectifs et leurs curiosités sexuelles…
Schneid écrit dans l'air du temps, une encre ni bleue ni rose, acidulée, corrosive. Il interroge là où il faut. En mâles d’amours, ce sont des séquences, hachées, rapides. Des coups d’œil intrusifs. L'histoire défile, subtile. Le talent de Schneid? Il ose tout! Sans jamais être vulgaire. Il ne suggère rien, jamais. Il dévoile. Toujours plus. En somme, il se déshabille...
La critique. Dans En mâles d’amours, il y a Romain, Thomas, Anthony. Trois hommes jeunes, sexys. Trois quotidiens qui se croisent. Romain est beau, d'une beauté académique. Il est posé, intelligent. Il est amoureux aussi. Et pourtant… entre lui et sa nouvelle «relation», tout paraît fragile, instable, si compliqué. Romain aime un peu trop les questions! De celles qu'on garde pour soi. Par peur des silences… À l'opposé, il y a Thomas. Le bel Allemand a fait du plaisir sa religion. Du sexe pur? Pas sûr. Au fil des pages, les certitudes s'effritent. Et tombent!
Anthony, lui, fait du foot, cherche du boulot – uniquement quand il a le temps! – et partage un appart avec la belle Cécile, sa petite amie. Mais – parce qu'il y a toujours un mais, c’est tellement plus fun – le bel hétéro est du genre curieux. Dans les vestiaires, sous les douches, il y a des jeux de regards… de plus en plus lents. De la buée, de l'eau qui coule, en cascades, des corps musclés, moites…
Autour de Romain, Thomas et Anthony, on croise Philippe, Franck, Lars, Nicolas, Christopher… Une galerie de personnages forts, des garçons branchés. Il y a de la sueur, des tatouages, de l'amour, et du sperme qui coule autant que les larmes…
TÊTU: Après La Tentation, votre premier roman, vous vous penchez cette fois sur la vie de couple...
Benjamin Schneid: Le couple m'intéresse particulièrement parce que l'individu, indépendamment de ses préférences sexuelles, a un indéniable besoin d'amour. Le couple est l'une des formes que peut prendre cette aspiration. En revanche, la façon dont on mène une relation varie beaucoup d'un individu à l'autre. Pour un auteur, c’est une source d'inspiration inépuisable.
Selon votre regard d'auteur, le couple homosexuel a-t-il une particularité?
Il est très difficile de construire une relation sans se référer aux modèles existants. On associe spontanément la monogamie à l'hétérosexualité tandis que les gays passent pour infidèles. Certains se plaisent même à revendiquer cette «différence». À mon sens, cette vision est réductrice. Je pense que chaque individu – hétéro ou gay – doit avoir la liberté de choisir le modèle qui lui correspond. Cependant, les conflits qui naissent au sein d'une relation montrent à quel point les modèles choisis sont fragiles. Une escapade peut ternir un couple fidèle, tout comme un homme tolérant peut finalement souffrir des infidélités de son partenaire. Vivre ses choix au quotidien est un exercice complexe.
Pensez-vous qu'il existe une attente spécifique du lectorat gay?
Chaque lectorat a des attentes précises. Le défi d’un auteur consiste précisément à jouer avec ces attentes. Mais… ce roman s’adresse aussi aux hétéros.
Pensez-vous que vos personnages correspondent à la communauté gay?
Ce n’était pas le but! Ils se distinguent davantage par leur personnalité que par leur orientation sexuelle. Je n’ai pas cherché à brosser le portrait d'une communauté gay. Même si… je suis persuadé que beaucoup de lecteurs se retrouveront dans l'un ou l'autre de ces personnages.
Quel est votre personnage préféré?
J'aime beaucoup Anthony. Il est extrêmement sensuel. Quand il fait l'amour, c’est un homme qui se révèle au plus profond de son être. Cette authenticité me plaît.
Pour parler «sexe», il faut forcément pratiquer?
Je serais tenté de répondre par l'affirmatif. C'est mon cas, en tout cas! (Rires)
Vos héros sont très virils, genre hétéro, le fantasme gay par excellence. En quoi êtes-vous original? Les hétéros ne détiennent pas le monopole de la virilité. Malgré toute la subjectivité que cela implique, il est grand temps de montrer des hommes qui assument leurs désirs sexuels sans entrer dans le cliché du gay sensible et efféminé. Les fantasmes sont multiples. Leur objet aussi. Mes personnages reflètent certainement ce que je suis et ce que je cherche. Ce que je m'efforce de communiquer à travers ce roman, c'est précisément que chaque individu doit essayer de se réinventer plutôt que d'assimiler un modèle prédéfini.
Pour vos personnages, la quête de l'autre semble aussi importante qu'impossible…
Par «l'autre» Thomas, Romain, Anthony and co recherchent celui ou celle qui répond à leurs besoins affectifs. Ce que j'ai voulu montrer, c'est qu'il n'existe pas de modèle idéal. Fidélité ou pas, cela n'épargne en rien les affres de la relation amoureuse. Quelle que soit la direction qu'on a choisie, il faut avoir conscience que nos décisions se prendront au cas par cas. Et que toute forme d'absolu est illusoire. Pour ma part, je sais qu'une relation fondée sur la fidélité est possible.
S'il fallait retenir un message…
Qui suit son instinct a plus de chance de trouver son bonheur, qui délaisse ses responsabilités finit par payer la facture.
Propos recueillis par Bertrand Deckers.
A lire: Benjamin Schneid, En mâle d’amours, Editions Textes Gais, 348 pages, 15,90€.












0
De NémoGizmo
de très belles fesses d'homme :o))
0
De hellbrecht
C'est aussi ce que j'avais remarqué. ^^
Mais le livre à l'aire aussi intéressant que cette paire de fesse. =)
0
De NémoGizmo
et oui!
comme je ne l'ai pas vu/lu, je juge de l'aspect "marketing" du livre, notamment sa couv'.
:o)