Battant: un rock brut qui claque
INTERVIEW. Tête d'affiche du dernier festival Les Femmes s'en mêlent, Battant vient de sortir un premier album «No Head», sur le label Kill the DJ, qui oscille entre post-punk et rythmes électros.
Battant, c'est la dernière révélation du rock anglais, avec à sa tête la charmante Chloé Raunet. Tête d'affiche du dernier festival Les Femmes s'en mêlent, le groupe vient de sortir leur premier album No Head sur le label Kill the DJ, qui oscille entre post-punk et rythmes électros. TETUE.COM a cherché à en savoir un peu plus.
Têtue: Vous êtes un groupe plutôt rock. Pourtant, votre album sort sur le label «Kill the DJ» et a été produit par Ivan Smagghe et Tim Paris. Tout cela sent bon la scène électro...
Tim: Oui c'est vrai que «Kill the DJ» est étiqueté électro, mais en réalité ce label produit un large spectre de musiques. Pareil pour nos producteurs, qui sont très ouverts musicalement, et qui écoutent pas mal de rock.
Chloé: En fait, c'était la première fois qu'ils produisaient l'album d'un groupe. Donc c'était vraiment nouveau pour tout le monde. Mais ça a marché! Tim Paris et Ivan Smagghe nous ont permis d'avoir suffisamment confiance en nous pour que l'on ose épurer tous nos sons, afin d'obtenir un album plus intime. Avec des chansons qui ont au final plus de puissance. C'est grâce à eux que l'on a pu explorer ce côté un peu bizarre, inconfortable...
Joël:C'est juste très emmerdant de refaire sur disque ce que l'on fait déjà sur scène. On voulait à tout prix éviter ça.
Au final, comment est-ce que vous définiriez votre musique? Rock ou électro?
Joël: Elle est plus rock qu'électro... On aime bien des groupes punks comme Suicide, Young Marble Giants, mais aussi les débuts de l'électro, ou les premiers Depeche Mode.
Tim: Mais notre son est aussi très pop!
Racontez-nous un peu l'histoire du groupe...
Chloé: En 2005, j'ai commencé un groupe avec Mole, un ami qui n'est plus dans Battant aujourd'hui. Tim et Joel m'ont rejoint après. Au départ, ce n'était pas sérieux du tout! Mais les gens ont aimé nos morceaux, et au final on a juste été obligé de trouver un nom! En fait, c'est un pur hasard si l'on s'appelle aujourd'hui Battant. Un jour, quand j'habitais encore à Barcelone, on était là à se demander comment on allait bien pouvoir s'appeler, et puis on a vu la boite d'un petit panda que j'avais gagné et qui jouait du tambour. Il y avait écrit «Battant»... On s'est dit que ça sonnait bien!
Chloé est au chant, Tim à la guitare, Joel à la basse et au synthé. Mais où est le batteur?!
Tim: Nous n'avons jamais eu de batteur. En partie parce que, lorsque nous avons commencé, nous avons fait avec les instruments que nous avions déjà. Et nous avons vraiment aimé le résultat... Au final, c'est plutôt une bonne chose, c'est devenu une part de nous. Et c'est beaucoup moins cher ainsi! (rires).
Vos textes sont assez sombres et fantasmagoriques. Il y est question de boucher serial killer ou encore de femmes sans tête...
Chloé: C'est moi qui écris les textes. Toutes ces histoires viennent de mon univers personnel, de mes rêves. Ce sont des personnages que je crée dans ma tête pour montrer une façon de voir le monde. Ça parle de la violence, oui, car la vie est violente. Mais ce n'est pas juste sombre, il y a aussi un côté assez drôle, décalé. On n'est pas un groupe gothique!
Chloé, tu as un style assez androgyne...
Oui, c'est vrai. A un moment je me suis demandé: peut-être que je devrais essayer les cheveux longs et tout ça. Mais non, ce n'est pas moi. J'ai toujours été un garçon manqué.
Ça doit plaire aux filles! Tu as déjà eu des fans lesbiennes qui viennent t'attendre à la fin d'un concert?
(Elle sourit et hésite). Hum oui, oui, il y en a eu... Ça ne pose pas de problème. A Battant, on aime tout le monde !
Propos recueillis par Marie Kirschen
No Head, Battant (Kill the DJ). Photo: DR.



















De LC
Si vous voulez voir des photos du concert http://www.myspace.com/lunacalor