Au rayon livres: un viol, un jeune homme ambitieux et un guide parisien
Ce mois-ci, au rayon livres gay: l'histoire d'un viol et d'un combat. Le roman historique d'un jeune homme aussi beau que dévoré d'ambition et les chemins coquins d'un des plus grands maîtres du théâtre français.
COMME UN CHIEN

1997. Un jeudi d'octobre. L'auteur de ces lignes file, à toute allure, vers la gare de la Part-Dieu pour attraper, au vol, un train pour Bourges. Dans quelques heures, il assistera au festival Emo-son. Il est 17 heures quand le train s'ébranle. Dans la précipitation, notre héros a oublié d'acheter un ticket. Lors du contrôle, le chef de bord le fait descendre dans la petite gare de Saint-Germain des Fossés. Il fait noir. Très noir. Il fait froid. Bientôt, le récit va basculer dans une autre dimension. Perdu dans des vapeurs d'alcool, un groupe de mecs fait son apparition à l'autre bout du quai. La démarche chaloupée, leurs rires éclatent dans la nuit. L'étau se resserre dangereusement. Coups de poing. Coups de pieds. Insultes. Crachats. Ji Ro est violé. Si, aujourd'hui, il peut coucher ces mots sur du papier, c'est parce qu'il ne doit sa survie qu'a l'heureux passage d'un riverain qui promenait son chien.
Pour ce jeune punk aux cheveux roses, au visage et au corps tuméfiés commence alors, une longue et douloureuse réflexion. Doit-il porter plainte ou passer à autre chose? Se considérer à vie comme une victime ou tenter, au plus vite, d'oublier? Ji Ro va décider de se battre. Ses violeurs vont être identifiés, se retrouvent derrière la barre d'un tribunal. Mais... le plus dur reste à faire: Affronter leurs regards.
Notre avis: Joliment raconté. Une écriture rapide pour un petit livre bien fait. Rien à ajouter!
Comme un chien
Ji RO
Edition CRACH Bouquin
80 pages - 4, 50 €
STANISLAS OU UN CAPRICE DE JOSÉPHINE

D'abord, il est beau. Blond, les yeux très bleus. Un corps de rêve. Le genre de mec que l'on se souhaite pour passer une fin d'après-midi de pluie. Il est fils d'un marquis et d'une paysanne. Dans cette fin du 18e siècle, la Révolution éclate. Que faire quand on s'ennuie dans sa campagne? Monter à Paris. Exister. Séduire. Par tous les moyens. Stanislas Reverdin, dix-sept ans, n'a pas d'autre choix que d'être ambitieux. Emprisonné sous la Terreur, le garçon attend la mort en compagnie d'un beau voyou et d'une certaine Joséphine de Beauharnais. L'exécution de Robespierre sauve le beau gosse de l'échafaud. Libre, il va croquer la vie de ses jolies dents. Philippe Séguy décrit un monde qui s'écroule, un autre qui naît, le Directoire. Et là, tout devient possible. À condition de tout oser. Bals, intrigues, bordels, tripots, complots politiques, Incroyables et Merveilleuses qui lancent la mode et les tendances du jour. Formé à la politique, Stanislas espionne, séduit les femmes comme les hommes. On lui présente un général. Bonaparte. Le mettra-t-il dans son lit?
Notre avis : Un roman tragique et flamboyant, une plume trempée à la fois dans de la soie et de l'acier. Une vraie leçon de style. Une vraie leçon d'amour.
Stanislas ou un caprice de Joséphine.
Philippe Séguy
Éditions Flammarion.
415 pages - 22 €.
MON PARIS BUISSONNIER

Pour son invitation à nous faire découvrir son Paris à lui – son Paris buissonnier, le génial Jean-Laurent Cochet débute son récit par sa maison d'enfance à Romainville. Le voyage commence sur la place des Lilas. De rue en rue, de théâtre en théâtre, les souvenirs débordent. Pour ce comédien, metteur en scène et professeur éminent, chaque coin, chaque recoin, chaque ruelle deviennent un prétexte à de nouvelles rencontres. Chemins de traverse, restaurants, bistrots... nous font découvrir le maître sous une autre lumière. Jean-Laurent Cochet nous présente ses amis. Une foultitude de stars, of course, mais pas seulement! Il y a aussi d'illustres inconnus. Magiciens, couturiers, costumiers, choristes.... Sans ces petites mains, ces faiseurs de génie, le lourd rideau de velours rouge ne se lèverait jamais.
Coquin, facétieux, l'immense homme de théâtre profite de sa promenade pour nous entraîner également dans des lieux de rencontres... très masculins! De garçonnières en hôtels particuliers, de rencontres d'un soir en amours infinies, tout est prétexte à la comédie.
Notre avis : Tendre, sensible, drôle... les adjectifs pleuvent, mais les mots manquent pour décrire autant de panache, de talent!
Mon Paris buissonnier
Jean-Laurent Cochet
Éditions Pygmalion
264 pages - 20, 90 €
À paraître prochainement : « Bande dessinée contre l'homophobie »
Les éditions «Des ailes sur un tracteur» viennent de proposer de publier, sous format papier, les plus belles planches, les plus percutantes, les plus sensibles du «projet 17 mai», une association de dessinateurs contre l'homophobie et la transphobie initiée en 2009. En 80 pages, ce sont ainsi plus de 30 dessinateurs qui vont «illustrer» leur vision de l'homophobie mais aussi de la lutte contre l'homophobie. Cette première «bande dessinée contre l'homophobie» va permettre de réunir de l'argent pour les actions concrètes d'une association, permettant ainsi de continuer leur souhait de se battre contre une discrimination dont chacun a pu vérifier qu'elle était bien ancrée dans la société... En toute logique, les bénéfices seront reversés à SOS homophobie, pour ses actions de sensibilisation.
Pour pouvoir être mise sur pied, cette initiative a besoin de vos dons.
Plus d'informations ici !










LES CHAÃŽNES 











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De J_P_M
Jean-Laurent Cochet ne saurait "débuter" son récit, car ce verbe est intransitif. Pour les cancres qui écrivent ici au lieu de prendre des cours de français, cela signifie qu'il ne peut pas avoir de complément d'objet direct.
En revanche, il peut COMMENCER son récit !
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De patrik
La langue française devrait-elle rester figée ?
Vive la transitivation des verbes !
Bon, pour "débuter", c'est affreux, certes (moins que "solutionner" toutefois). Mais pour "jouer", je suis d'accord: le PSG joue l'OM (et s'en joue).