AU RAYON LIVRES: le Kama Sutra gay... et des histoires tortueuses
Ce mois-ci aux rayons livres gay, du sexe, du sexe et du sexe, une histoire de vengeance sur fond de larmes et d'humiliations et un savoureux cocktail de drogues, d'alcool et d'inceste. À lire! De toute urgence.
LE KAMA GAY

«Je peux résister à tout sauf à la tentation», écrivait Oscar Wilde. Les Éditions Blanche publient un guide qui est une invitation totale et absolue à la débauche. Sur 160 pages, 69 positions – est-ce vraiment un hasard ? – et autres astuces pour découvrir - ou redécouvrir - le sexe seul, à deux ou à plus. Chaque «invitation au plaisir» est richement illustrée et exposée à travers trois rubriques: «Mode d’emploi», «Pourquoi vous allez adorer?» et «Astuce en plus». Un exemple, parmi tant d’autres: au chapitre «Préliminaires & gâteries», on découvre la position Bernadette Soubiroute. «Pour les fous du goupillon qui, avant de visiter la grotte, allument une petite bougie qui va, très vite, devenir un cierge d’église.»
La grande Zorro
Les fans du fouet s’attarderont davantage sur La grande Zorro. Un peu plus loin, vous apprendrez la meilleure façon de déguster une sucette à l’anus. Et... il y en aura pour tous les goûts! Vous préférez les voyages aux bonbons? No souci. Partez pour le pays des tsars. Rencontrez Les poupées russes, L’étoile du Bolchoï... Les fans de cinéma redécouvriront, sous un angle beaucoup plus censuré, Brokeback Mountain, Les frères Dalton, Batman & Robin des Bois, Les trois mousquetaires, les meilleures «prises» d’Hitchcock et d’Almodovar.
Pour ceux qui aiment les jeux de superpositions, le guide recommande la posture du Légo. Les inconditionnels des jeux de l’amour où se multiplient les partenaires se jetteront davantage sur les petits conseils délivrés dans les fiches du Bon samaritain ou, mieux encore, de la Priscillia folle du dessert. «Après tout, la pipe n’est-elle pas une question de convivialité?» Vous avez peur que votre moitié ne vous suive pas sur cette route un tantinet glissante? À nouveau, le guide a la solution. Faites comprendre à votre copain qu’avec un attribut comme le vôtre, il ne serait pas très catholique de ne pas partager. «Prêter votre joujou à d’autres camarades n’est, au final, qu’une marque de savoir-vivre.»
Notre avis: drôle, caustique, ludique et richement illustré. Excellentissime!
Le kama gay
Textes: Tony Mark. Illustrations: Théo Angeli
Éditions Blanche
160 pages – 15 €
ILS M’APPELAIENT FANCHETTE
«Un jour, je me vengerai, je les tuerai...» Depuis 30 ans, l'idée tourne, en boucle, dans le cerveau de Germain Fanchet. Avec le temps, cette promesse, il l'avait un peu oubliée. Mais le destin va en décider autrement. Un matin, le service d’urgence de l’hôpital d'Annecy où Germain travaille en tant qu’infirmier de nuit reçoit un accidenté de la route. Le corps de la victime est meurtri, la tête tuméfiée, presque méconnaissable. Et pourtant, une étrange sensation envahit le corps de Germain. Cet homme, il le connaît, le reconnaît. Rémi Laurent-Dubreuil! En une fraction de seconde, les souvenirs jaillissent. Comme de l’eau! Comme les larmes qui s’écoulent déjà sur le beau visage de l’infirmier. Au lycée, pendant des semaines, pendant des mois, notre héros a été le souffre-douleur de ce garçon. Rémi Laurent-Dubreuil l’avait surnommé «Fanchette» et son principal passe-temps, sa jouissance absolue, était d’humilier sa victime. Une proie qui ne s’en remettra jamais.
L'heure de la vengeance?
Germain pensait avoir tout oublié. Triste leurre! Il a simplement appris à composer avec ses douleurs. L’homme qu’il est devenu s’est construit autour de ce traumatisme. Les heures de sport passées en salle de musculation pour se constituer un corps, pour apprendre à se défendre, les voyages à l’autre bout du globe pour retrouver ses origines, pour tenter de comprendre sa différence, tenter d’oublier le collège, tenter d’oublier... qu’il est incapable d’aimer. Difficile – voire impossible en effet – de croire en l’amour quand on ne s'aime pas soi-même, quand on se dégoute d'avoir trouvé toutes les parades intellectuelles aux diverses jouissances de ses bourreaux.
Mais aujourd’hui, le vent a tourné. Laurent-Dubreuil est dans le coma. Pour la première fois, c’est Germain qui détient le pouvoir. Et si, l’heure de la vengeance venait de sonner? Il suffirait d’un tube, que l’on oublie, d’une machine, que l’on débranche... La revanche de Germain pourrait bien venir venger toutes «les fanchettes» de la terre!
Notre avis: écrit avec style, tact et savoir-faire. Jean-Paul Tapie prouve, une fois encore, qu’il maitrise tous les ressorts de l’âme humaine. La corde sur laquelle il s’aventure est sensible. Son jeu subtil.
Ils m'appelaient Fanchette, Jean-Paul Tapie
H&O éditions
192 pages – 5,20 €
CAPSULE
Carole aime Alix. Dean aime Alix. Mais Alix n’aime que lui. Ces trois-là sont névrosés, drogués, alcoolisés. À haute dose, très haute dose. Carole – l’éternelle meilleure amie – rêve de faire l'amour à Alix, pour sa gueule d’ange et son sexe démesuré. Dean, lui, a la chance de faire l'amour à Alix. Il aimerait maintenant être aimé d'Alix. Alix aimerait pouvoir aimer Dean, mais... il garde en mémoire les viols subits, à répétitions, par Louis, son frère aîné, lors de leur adolescence. Forcément, ça déglingue un peu notre beau mec qui - même s'il n’ose pas vraiment se l’avouer! - y a trouvé un certain plaisir.
Pour voir la vie en rose, Alix avale des pilules de couleur, par poignées entières. Seul son dealer a le pouvoir de booster son corps, de ranimer son âme, de le rendre vivant. Quand il est bien défoncé, Alix se désape, se mue en bête de sexe. De partouze en partouze, très vite, il devient une star du porno. Mais la vraie surprise est ailleurs. Tapie dans l’ombre, de plus en plus frustrée, Carole n’a pas dit son dernier mot. L’histoire pourrait très vite déraper...
Notre avis: une plongée dans les méandres de la pornographie. Au menu: drogue, alcool, inceste et crimes. Si «le programme» paraît un peu bateau, l’effet de surprise est réel.
Capsule, Florent Paudeleux
Éditions Grimal
132 pages – 13 €
A ne pas manquer non plus:

THE KID, de Dan Savage, aux Éditions Laville.
La publication, enfin en français, de ce livre-témoignage est un événement: le célèbre chroniqueur américain du sexe raconte en effet son parcours du combattant avec Terry, qu'il a épousé depuis, pour adopter un enfant. En cours de route, il évoque avec autodérision des thèmes comme grandir en tant qu'homosexuel, s'engager avec un homme plus jeune, l'homophobie, l'âge...
Le livre est préfacé par Jack Lang, et l'auteur a écrit une introduction spécialement destinée à s'inscrire dans le débat français sur l'adoption par les homos.










LES CHAÃŽNES 











1
De Jaléo
"Un peu plus loin, vous apprendrez la meilleure façon de déguster une sucette à l’anus". Joli jeu de mots, mais l'image qui me vient n'est pas folichonne, au contraire! Le livre est - selon cette critique - plus ludique qu'instructif, à moins qu'il n'allie les deux. Le genre d'ouvrage que j’achète pour déconner entre potes à l'apéro.
Le sujet d'écriture de Capsule me rappelle cette posture dans la pré-production d'oeuvres qui consiste à croire que la noirceur et la descente aux enfers constituent en soi de la qualité littéraire et de la subversion, alors que ce n'est pas systématique.
Il faut plus que de l'originalité dans le thème d'écriture pour faire un bon livre. Encore, celui-ci est plutôt éculé, dans la veine "Une fille, deux garçons, 3 possibilités" en plus désabusé. Cela pourrait m’intéresser en série Showtime ou HBO, mais à lire non.
Fanchette me plait en théorie, mais j'ai des réserves. Il me faudrait l'avis de quelqu'un l'ayant lu et sachant spoiler sans trop en dire. J'ai un pressentiment d'une conclusion qui m’énervera. Je visualise ce livre en 4 temps :
- a)Une description du présent de Fanchette, mise en place du décor du livre .
- b) L’élément perturbateur entre en scène : présentation du passé de Fanchette par des flashbacks.
-c) Le "travail intérieur" : temps de l'éthique sur le thème du libre-arbitre, de la vengeance ou de la mort; temps de la morale sur le concept de monstruosité, d'humanité et d'inhumanité, tant de l'introspection, du divan de Lacan où, en l’occurrence le patient n'est pas celui que l'on croit. Se noue alors un dialogue "immobile" et une thérapie silencieuse entre les personnages principaux.
- d) Oh mon dieu, Fanchette d'un baiser réveille le bully-à -l'hosto-dormant, il pleure,il est pédé, ils entre en résonance, se marient, vivent heureux en ayant beaucoup d'enfants adoptés( car l'accident à eu le mm effet qu'une vasectomie).
Si quelqu'un à déjà lu le livre, prière de dire si en fait le surnom de Laurent c'est "Aurore". ça me saoulerait vraiment d'acheter un truc gnangnan comme ça :p.
Et puis...The Kid. Bah j'ai rien à dire là , je crois qu'il va me plaire :D