Au ciné: Shia LaBeouf joue les golden boys et Isabelle Huppert se prostitue
Cette semaine, des films coups de poing avec la suite de «Wall Street», un «Million Dollar Baby» nicaraguayen, un délire gore en plein no man's land belge et un ovni porté par une Isabelle Huppert en prostituée qui «en a marre de tailler des pipes».
WALL STREET: L'ARGENT NE DORT JAMAIS

L'idée d'une suite au film culte Wall Street tombait à propos dans un monde traumatisé par la crise des subprimes et encore à la merci des errances financières. Mais Oliver Stone a vu peut-être trop grand. Ce second volet est exagérément long, souvent mélo, heureusement il y a Shia LaBeouf.
C'est la première fois que le cinéaste américain Oliver Stone revisite un de ses propres films. Avec la crise économique qui a touché la planète, l'occasion était bonne. À sa sortie en 1987, le premier Wall Street avait obtenu un grand succès. Avec vigueur et emphase, il montrait le cynisme du monde de la finance. Revoilà donc Gordon Gekko (Michael Douglas, lauréat d’un Oscar pour le premier film) sortant de prison. Il avait été condamné pour délit d'initié et fraude boursière à la fin du Wall Street original.
Au lieu de choisir une intrigue dépeignant le milieu de la finance et les excès qui s’y rattachent (aspect assez mal abordé dans cette suite), l’intrigue bifurque plutôt du côté du pathos familial entre un nouveau protégé (Shia LaBeouf), fils de substitution, et sa fille (Carey Mulligan) qui le rejette. Avec un sujet aussi riche, Stone aurait pu proposer une oeuvre beaucoup plus percutante. Il a préféré jouer la carte du sentimentalisme. Décevant. Et ce malgré d'excellents comédiens: Carey Mulligan, Josh Brolin, Susan Sarandon, Frank Langella... et même Shia LaBeouf enfin crédible.
Un film de Oliver Stone
Avec: Shia LaBeouf, Michael Douglas, Charlie Sheen, Carey Mulligan, Josh Brolin, Eli Wallach, Susan Sarandon, Frank Langella, Austin Pendleton.
Genre: drame.
Durée: 2h13.
La bande-annonce:
LA YUMA

Probablement le film le plus fauché et le plus modeste de la semaine. Mais aussi le plus attachant. Ou l'histoire d'une jeune nicaraguayenne qui va sortir de la misère en boxant.
Managua, aujourd'hui. Yuma (à droite sur la photo) veut être boxeuse. Dans son quartier pauvre, les gangs luttent pour le contrôle de la rue. Chez elle, le manque d'amour dicte sa loi. Elle se réfugie chez un prostitué travesti qui l'accueille avec son petit frère. Le ring, l'énergie, l'agilité des pieds et des mains sont ses rêves et sa seule option. A la suite d'un vol de rue, Yuma rencontre Ernesto, un étudiant en journalisme, qui vient de l'autre côté de la ville. Ils sont différents mais tombent amoureux, attirés l'un par l'autre, comme deux pôles opposés. On croirait que le scénario a été influencé par une télé novela, mais l’histoire a été inspirée par des faits réels que la réalisatrice, Florence Jaugey, documentariste à l’origine, a utilisés pour le film. L'ensemble est fragile, mais l'actrice Alma Blanco a une énergie et un charisme exceptionnel. La Yuma dégage aussi un beau message d'espoir. Et la bande-son vaut le détour.
Un film de Florence Jaugey
Avec: Alma Blanco et Rigoberto Mayorga.
Genre: drame.
Durée: 1h24.
La bande-annonce:
LA MEUTE

Ce film d'horreur réunit un casting inattendu, de Yolande Moreau à Benjamin Biolay pour un massacre dans le noman's land belge. Un premier long-métrage gore qui a déjà emballé les anglo-saxons.
Une propriétaire de bar, inhospitalière et amatrice de sang (Yolande Moreau en roue libre), recueille une égarée (Emilie Dequenne) et un drôle d'auto-stoppeur (Benjamin Biolay). Et une meute de goules assoiffées de sang ne rêvent que d'une chose: inscrire Emilie Dequenne sur le menu.
Au dernier Festival de Cannes, le film qui était en Compétition officielle a vu sa projection en plein air annulée en raison de l'interdiction aux moins de 16 ans prévue pour la sortie en salles. Ce premier long-métrage gore à la sauce glauque sort des sentiers battus par son second degré. Déjà sorti en Angleterre et présenté dans les festivals fantastiques aux Etats-Unis, La Meute fait un tabac chez les anglo-saxons.
Un film de Franck Richard
Avec: Yolande Moreau, Emilie Dequenne, Benjamin Biolay.
Genre: horreur.
Durée: 1h25.
La bande-annonce:
SANS QUEUE NI TETE
Isabelle Huppert et Bouli Lanners forment le duo inattendu d'une prostituée qui «en a marre de tailler des pipes» (sic) et d'un psy en dépression!
Elle est prostituée, lui est psychanalyste. L'un comme l'autre gèrent les fantasmes et les angoisses de clients parfois particuliers, les allongent sur un divan ou un canapé, pratiquent tous les deux des horaires tarifés. A partir de ce parallèle, suit un film au scénario dont on a l'impression qu'il se déroule sans qu'on sache vraiment où est la queue et la tête! Difficile de se sentir concerné par les personnages. Bouli Lanners, que l'on a connu truculent, se donne une image arty en la jouant très intérieur. Et Isabelle Huppert, malgré un métier irréprochable, s'égare en campant à un moment une collégienne sortie d'un manga... Une scène sauve le film. Silencieuse, pendant une séance, Isabelle Huppert fixe la caméra les yeux vitreux de désespoir. On est bouleversé.
Un film de Jeanne Labrune
Avec: Isabelle Huppert, Bouli Lanners, Richard Debuisne et Sabila Moussadek.
Genre: comédie dramatique.
Durée: 1h35.
La bande-annonce:






















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De NémoGizmo
Shia LaBeouf est un jeune acteur très prometteur, pas prétentieux et qui sait être sexy.
et Isabelle Huppert reste au top!
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De Eurynomos
Et qu'es qu'il est beau !