Au ciné: Ryan Gosling et George Clooney montent les «Marches du pouvoir»
Dans les salles cette semaine, un documentaire sur l'histoire fusionnelle entre le chanteur Genesis P-Orridge et sa compagne, et deux films sur la politique: l'un français, l'autre américain.
THE BALLAD OF GENESIS AND LADY JAYE
Primé aux Teddy Awards lors du dernier Festival de Berlin, ce documentaire arty autour d'un couple d'artistes underground est une belle ode à l'amour et à la différence. Pendant sept ans, la cinéaste française Marie Losier a suivi le quotidien de Genesis Breyer P-Orridge et de sa femme Lady Jaye.

Tourné à la façon d'un film de famille, The Ballad of Genesis and Lady Jaye raconte l'histoire hors du commun de l'artiste Genesis Breyer P-Orridge, icône de la scène industrielle des années 70-80, et de sa femme et partenaire artistique Lady Jaye. Par amour, le couple décide de se fondre en une seule entité, une nouvelle forme humaine qu'ils appellent «pandrogynie». Une performance artistique teintée d'un amour immensément profond, les deux amants ayant acceptés de subir diverses opérations de chirurgie esthétique dans le but de ressembler le plus possible l'un à l'autre.
Avec un sujet aussi casse-gueule, Marie Losier aurait pu se planter en pondant un freak show façon télé-réalité. Elle a su éviter cet écueil et offre un portrait sensible, cohérent et très respectueux de l'oeuvre de P-Orridge, dont la toile de fond est l'histoire d'amour entre Genesis et Lady Jaye, belle et bien palpable.
The Ballad of Genesis and Lady Jaye
Un film de Marie Losier.
Documentaire. 1h12.
Regardez la bande-annonce (en VOST):
L'EXERCICE DE L'ETAT
Très remarquée au Festival de Cannes, cette plongée dans les entrailles du pouvoir est un film majeur par la force de son regard sur le monde politique. Et les deux acteurs principaux, Olivier Gourmet dans le rôle d'un ministre des Transports et Michel Blanc, sont impressionnants.

Le ministre des Transports est réveillé en pleine nuit par son directeur de cabinet. Un car a basculé dans un ravin. Il doit y aller faisant face à une situation née d'un faisceau de causes complexes. Tiendra-t-il? A quel prix?
Dans ce film d'une force rare, l'intrigue elle-même n'est pas l'essentiel. Ce qui compte, c'est la vie qui va avec: le stress, les interactions alambiquées entre les protagonistes, les coups fourrés, les réussites et les échecs, les priorités absolues qui deviennent sans objet quelques jours plus tard... Bref, la vie d'un ministre telle que le grand public ne l'imagine pas toujours. Mais on est loin d'un banal documentaire. Si la caméra de Pierre Schöller (Versailles) suit au plus près le ministre et son cabinet, c'est aussi pour montrer les hommes (et la femme) derrière les fonctions. Des individus qui, mus par la conscience d'un intérêt supérieur, sacrifient leur existence personnelle pour leur statut et leur mission. Des autres films sur le pouvoir et la politique française sortis ces derniers mois (Pater d'Alain Cavalier et La conquête de Xavier Durringer), cet Exercice de l'Etat est le meilleur!
L'Exercice de l'Etat
Un film de Pierre Schöller.
Avec Olivier Gourmet, Michel Blanc et Zabou Breitman.
Drame. 1h55.
Regardez la bande-annonce:
LES MARCHES DU POUVOIR
L'autre film politique de la semaine s'intéresse aux machinations se déroulant dans les coulisses des campagnes électorales. Dans le rôle d'un idéaliste qui ne résistera pas longtemps aux manœuvres et coups bas de ses aînés, Ryan Gosling est impeccable d’ambiguïté.

Le titre original, The Ides of March, fait référence à la journée où Jules César a été assassiné par un certain nombre de conspirateurs, dont son fils adoptif, Brutus. Ici, ce sont presque tous les personnages qui sont trahis au nom de l'ascension vers le pouvoir. Le gouverneur Morris (George Clooney) est en campagne pour les primaires démocrates de l'Ohio, victoire à remporter s'il veut voir s'ouvrir le chemin vers la Maison-Blanche. Son responsable de campagne, Paul Zara (Philip Seymour Hoffman) est un vieux routier politique épaulé par Stephen Myers (Ryan Gosling), trentenaire de choc qui vibre aux discours de Morris. De l'autre côté, Tom Duffy (Paul Giamatti), directeur de campagne de l'autre candidat démocrate. Entre les deux clans, une journaliste (Marisa Tomei) prête à tout pour un scoop, un sénateur (Jeffrey Wright) qui ne demande qu'un poste de ministre pour appuyer l'un des candidat, et une pauvre stagiaire (Evan Rachel Wood) qui a le malheur d'avoir une aventure avec Morris... et Myers. Le cadre est posé.
Bâclé par endroits, lent au démarrage, la deuxième moitié du long-métrage balaye les réserves du début. Au final, George Clooney signe une œuvre d'une belle tenue, au casting sans faute, qui ne redonnera pas confiance aux électeurs désillusionnés.
Les marches du pouvoir
Un film de George Clooney.
Avec George Clooney, Ryan Gosling, Philip Seymour Hoffman, Paul Giamatti, Evan Rachel Wood.
Drame politique. 1h35.
Regardez la bande-annonce (en VOST):
Photos: DR.






















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De Leo Danton
Et tinitn? :D
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De NémoGizmo
le "Tintin" de Spielberg est pas mal, oui.
avec la voix (et le jeucapté façon "Avatar") de Jaimie Bell (ex jeune héros de "Billy Elliott"...), mais rien de très homo ou sexy là :o)!
(très beau générique/hommage à toute la saga au tout début, si vous pouvez ne pas le rater)
le film fait déjà de gros clins d'oeil à une(des) suite(s)...
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De tigerx
pourtant... Tintin a lgtps été une icone fashion de l'underground 80s (rappelez vous "Tristant et les musulmans fumants", ou le look Bronski Beat et Jimmy Sommerville)... un personnage vaguement asexué et célibataire, ami avec un marin bear avant l'heure accro à l'alcool et la pipe... Aucune femme à l'horizon à part une diva de l'opéra... Très très gay tout ca qd meme... Comme je l'ai déjà dit, je n'aime pas trop le concept de "culture gay" - je préfère dire que c'est le regard qui est gay... Perso j'ai toujours détesté Tintin, du coup j'hésite, paskeu j'aime bien spielberg et jackson qd meme...
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De NémoGizmo
oui, tu as raison, TigerX!
Tintin est adulé par certains (jusqu'à susciter fans clubs, thèses et de nombreux ouvrages d'érudits), accusé de 1000 maux pour d'autres (surtout pour "Tintin chez les soviets" et "au Congo"...), crypto gay aux yeux d'autres encore (avec son ami Tchang?). :o)
Il est vrai que, bien qu'intrépide, perspicace et globe trotter, on ne lui connait aucune amourette même de passage. Bon...
Bon pour la "pipe" de Haddock", hmmm... très franco-belge là , puisque "pipe" n'existe pas en double sens dans les autres langues/cultures.
Les Dupont & Dupond ("Thomson", pour le film en VO) ne sont ni jumeaux ni gays non plus?... surtout maladroits, mous et benêts.
La BCBG diva (pénible) Castafiore, "rossignol milanais", fait ici une apparition assez rapide et... tendance "brise glace".
Et Milou (qui est très réussi mais ne parle pas) est "Snowey" (pour sa couleur "neige") en VO aussi.
mais dans cette version filmée, zéro allusion sexuelle donc. Comme dans les albums.