Au ciné: L’histoire trouble du créateur de Facebook
Cette semaine, un portrait sans complaisance du P-DG de Facebook, Mark Zuckerberg, signé David Fincher («Fight Club», «Zodiac»), l’adaptation d’un best-seller bouleversant sur fond d’Occupation et un film pour ados avec l’ex-«Nouvelle Star» Benjamin Siksou.
SOCIAL NETWORK

Un jeune, un brin asocial, lance un site où ses camarades d’université peuvent comparer le pouvoir «attractif» des filles. Sept ans plus tard, il est multi-milliardaire grâce aux 500 millions d’individus abonnés à Facebook. David Fincher (Fight Club, Benjamin Button) détourne les lois du biopic pour raconter la genèse du plus grand réseau social au monde.
Seul David Fincher pouvait raconter une histoire sans, à aucun moment, nous faire aimer le personnage principal. Le réalisateur de Zodiac et Fight Club, porte à l’écran un scénario d’Aaron Sorkin (A Few Good Men, Charlie Wilson’s War, la série A la Maison Blanche) qui dresse le portrait fascinant du créateur de Facebook Mark Zuckerberg. Un individu complexe qui, en imaginant un réseau social bouleversant les relations humaines, a trouvé le moyen de détruire la seule amitié significative de sa vie.
The Social Network n’est pas un biopic. Ce n’est pas, non plus, un film historique sur la création de Facebook. C’est un drame humain construit autour de la relation entre Mark Zuckerberg (brillamment incarné par Jesse Eisenberg, ci-dessus à droite, en compagnie de Justin Timberlake qui joue aussi dans le film) et son ami Eduardo Saverin (Andrew Garfield) dans un scénario axé sur la notion de trahison. On pourra voir dans ce drame une fable où les relations humaines sont sacrifiées sur l’autel de l’acceptation sociale, où les sentiments nobles de loyauté ou de fidélité n’ont plus leur place. The Social Network est au final d'une belle sobriété, et devrait faire son petit bonhomme de chemin jusqu'aux Oscars.
Un film de David Fincher
Avec: Jesse Eisenberg, Andrew Garfield et Justin Timberlake.
Genre: drame.
Durée: 2 heures.
La bande-annonce:
LA VIE AU RANCH

Dans ce film expérimental avec des acteurs en improvisation, la révélation de Nouvelle Star, Benjamin Siksou s’avère très convaincant. Un anti-LOL jouissif.
Un lieu: Le Ranch. Un appartement, point de rencontre d'une bande de copines et de copains. Le film a été tourné en quatre fois, de Pâques à la Toussaint. On voit les acteurs changer, évoluer au cours du film. Avec une vraie complicité. Car la plupart des comédiens se connaisse depuis le primaire. On est séduit par le propos et la spécificité de ce Ranch, sorte d’anti-LOL où les affres de l'adolescence sont abordées sans fard, mais sans provocation factice. Dans le casting, Benjamin Siksou, la révélation de Nouvelle Star, est tout à fait à l'aise...
Un film de Sophie Letourneur
Avec: Mahault Mollaret, Sarah-Jane Sauvegrain, Benjamin Siksou et Eulalie Juster.
Genre: comédie dramatique.
Durée: 1h31.
La bande-annonce:
ELLE S'APPELAIT SARAH

Tiré du best-seller de Tatiana de Rosnay, sans effet, avec efficacité, ce film bouleversant sur la culpabilité est porté par Kristin Scott Thomas, une nouvelle fois parfaite.
Paris, juillet 1942: Sarah, dix ans, est arrêtée avec ses parents par la police française, au milieu de la nuit. Paniquée, elle met son petit frère à l'abri en lui promettant de revenir le libérer dès que possible. Paris, mai 2002: Julia Jarmond (Kristin Scott Thomas), une journaliste américaine mariée à un Français, doit couvrir la commémoration de la rafle du Vél d'Hiv. Soixante ans après, elle va croiser le destin de Sarah, et sa vie en sera bouleversée à jamais. Elle s'appelait Sarah, c'est l'histoire de deux familles que lie un terrible secret, c'est aussi l'évocation d'une des pages les plus sombres de l'Occupation.
Honnêtement, on était un brin circonspect à l'idée que Gilles Paquet-Brenner (auteur du très oubliable Gomez et Tavares) s'attaque à un tel sujet. Mais il maîtrise parfaitement son récit, qui intercale passé terrifiant et présent ordinaire. Kristin Scott Thomas évite le pathos avec classe. Le film nous fait en tout cas visiter l’histoire avec force sans être infantilisant ni message moralisateur.
Un film de Gilles Paquet-Brenner
Avec: Kristin Scott Thomas, Niels Arestrup, Frédéric Pierrot.
Genre: drame.
Durée: 1h51.
La bande-annonce:






















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De Ken
David Fincher, évidemment. Quant à "La Vie Au Ranch" (avec le petit Benji qui doit sans doute n'avoir que 3 lignes de dialogues), le vide sidéral qui englue cette période de la vie a l'air très bien analysé, je suis tenté.