Au ciné: le drame carcéral «Cellule 211» et Lio dans «Un poison violent»
Au cœur de l'été, et après le déferlement des grosses machines américaines, deux films, un espagnol et un autre français, méritent le déplacement cette semaine.
CELLULE 211
Succès critique et public en Espagne, nommé Meilleur film de l'année aux Goyas, ce film est présenté quelquefois comme l’équivalent ibérique d’«Un prophète» de Jacques Audiard. Rapprochement un peu maladroit, mais avec sa rigueur, son énergie, c'est un film coup de poing digne de son «cousin» français.
Juan est un jeune maton. Par zèle, il visite la prison un jour avant son affectation. Sa bonne volonté ne sera pas récompensée: c'est justement ce jour-là que les prisonniers du Quartier de Haute Sécurité ont choisi pour organiser une mutinerie. Une seule chance de survie s'offre à lui: se faire passer pour un prisonnier nouvellement incarcéré. Le voilà enfin ce film espagnol qui après avoir remporté un franc succès populaire en Espagne (2 millions d’entrées), a été le grand vainqueur de la dernière cérémonie des Goyas, l’équivalent des Césars.
Cette plongée dans l’univers carcéral adapté du roman du journaliste Francisco Perez Gandul, est aussi âpre et violente que Le Prophète. Le cinéaste Daniel Monzon filme caméra au poing dans une ancienne prison et a intégré des détenus parmi les figurants. Mais Cellule 211 reste une fiction et délivre un commentaire social poignant. Dans cet espace fermé où règne la loi du plus fort, les prisonniers ne sont pas forcément les résidents les plus cruels.
Un film coup de poing
L'interprétation est excellente. Luis Tosar donne à son personnage de meneur de révolte intelligence et profondeur. Carlos Bardem (le frère de Javier) fait aussi une belle prestation dans le rôle du «Colombien», un étonnant prisonnier vicieux. Bien que l'histoire de ce drame carcéral ne soit pas particulièrement originale, la force du récit, raconté et filmé avec un beau classicisme, réside dans son scénario méticuleux et dans les performances solides de ses acteurs principaux. A voir.
Un film de Daniel Monzón.
Avec: Carlos Bardem, Luis Tosar, Antonio Resines, Marta Etura, Manolo Solo, Jesús Carroza.
Genre: drame carcéral.
Durée: 1h50.
La bande-annonce:
UN POISON VIOLENT
Présenté au dernier festival de Cannes à la Quinzaine des réalisateurs, ce film a été une très belle surprise. Il révèle une réalisatrice talentueuse (Katell Quillévéré) et un casting inattendu (Lio et Clara Augarde, ici en photo). Un poison violent est un drame troublant sur les questionnements d'une ado partagée entre dévotion, religion et désir d'émancipation.
Une jeune fille de 14 ans, Anna (Clara Augarde); quitte l'internat catholique pour l'été. De retour chez elle, elle se rend compte que son père n'y habite plus, et que sa mère, Jeanne (Lio), a trouvé refuge dans la religion. Anna, qui prépare sa confirmation, dernière étape dans sa vie de croyante, rencontre Pierre (Youen Leboulanger-Gourvil), un jeune de son âge, qui la trouble...
Le titre, Un poison violent se réfère directement à la chanson éponyme de Serge Gainsbourg, qui désigne sous cette formule le sentiment amoureux, « un truc à n’pas dépasser la dose ». Il renvoie selon la réalisatrice « à tout ce qui fait que nous nous sentons vivants, et qui peut également nous faire souffrir... » Avec ce personnage de jeune fille tourmentée entre foi et désir, le film balaye les premiers émois de l'adolescence auxquels la réalisatrice ajoute une crise mystique, la tentation, la solitude née d'une rupture, un amour interdit, les rapports mère-fille, l'absence du père.
Une Clara Augarde habitée et Lio en mère ultra-catho
Il était assez difficile de les approfondir tous, mais Katell Quillévéré a su échapper aux clichés et à la banalité. L'autre force du film, c'est son casting. Clara Augarde, toute de contradiction habitée, est magnétique. Lio (en mère ultra-catho luttant contre le péché charnel) et Michel Galabru (en grand-père mécréant et truculent), sont d'une belle justesse. Le cinéma français, qui aime les comparaisons, rapproche ce film de l'univers de Maurice Pialat. On rétorquera qu'il a sa personnalité propre, mais qu'une telle cohabitation est une jolie façon de saluer cette première œuvre.
Un film de Katell Quillévéré.
Avec: Clara Augarde, Lio, Michel Galabru, Stefano Cassetti.
Genre: drame.
Durée: 1h32.
La bande-annonce:






















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De clawfire
on regrettera que la bande son de la première video soit complètement décallé de l'image ... ca n'aide pas tellement à comprendre ...