Au ciné: le couple désaccordé et vibrant de «Hors les murs»
INTERVIEW. Sélectionné à Cannes et primé au dernier festival de films LGBT de Paris, «Hors les murs» sort en salles ce mercredi. Un fougueux et passionné drame amoureux entre deux hommes. TÊTU.com a rencontré son réalisateur David Lambert.

Premier film du jeune cinéaste wallon ardennais David Lambert (photo ci-dessous), Hors les murs, en salles ce mercredi 5 décembre, est la rencontre fébrile, passionnée et bientôt presque vampirique entre le jeune pianiste Paulo (Matila Malliarakis) et Ilir (Guillaume Gouix), un bassiste d'origine albanaise. Les amants seront bientôt séparés, une épreuve qu’ils vivront chacun différemment… Sélectionné à la Semaine de la Critique cannoise et tourné avec une maîtrise rare en scope, Hors les murs est un drame amoureux où l’ironie, l’âpreté, la fougue, l’espoir et le désespoir se télescopent pour donner une love story où Guillaume Gouix (Jimmy Rivière, Poupoupidou) et le plus méconnu Matila Malliarakis (d’ailleurs tous deux dans le feuilleton Les revenants) forment un couple désaccordé et vibrant.
TÊTU.com: Vous êtes diplômé de philologie romane. Comment aboutit-on à l’écriture de scénarios, puis à la réalisation d’un film comme Hors les murs?
David Lambert: En Belgique, la philologie est en fait l’étude de langue et de littérature. Nous sommes très chics! En littérature, j’aimais tout ce qui était narratologie. Ensuite, j’ai eu des velléités d’écrire des scénarios et de faire des films. Mais je n’avais pas de contact dans cet univers. J’ai alors fait des installations vidéo, de la mise en scène de théâtre et à l’aube de mes trente ans un drame personnel m’a poussé à me mettre en danger, à me remettre en cause. C’est là que j’ai eu envie d’écrire des scénarios et je me suis senti prêt à faire des films. J’ai tourné en court-métrage Vivre encore un peu, une histoire très personnelle, qui a été très bien reçu. Du coup, j’ai eu envie de continuer et de reprendre un scénario que j’avais écrit quand j’avais 22 ans. C’était Hors les murs…
Vous avez dit dans la presse belge que ce film, c’est trois histoires personnelles réunies en une!
Ce sont en effet trois histoires que j’ai eues entre 20 et 30 ans et que je reprends en fiction. Ma vie a nourri le scénario, qui est arrivé à maturation au fur et à mesure. Ce n’est pas de l’autofiction mais c’est très intime.
Produire Hors les murs a-t-il été un marathon ?
J’ai été un peu en état de grâce. A partir du moment où j’ai décidé de faire le film, les choses se sont enclenchées assez vite. Mais avec de vrais écueils. En France, le financement a été difficile. On nous disait, les films avec des pédés on en voit trop, pareil pour des films avec des mecs en prison! C’est pour cela que je suis allé voir pour une co-production au Québec. Et là-bas, on m’a suivi de façon plus enthousiaste.
Dans le cinéma gay, il y a une sorte de typologie de la beauté masculine, un certain type de physique mis en avant. Là, on est loin des canons habituels des films homos?
Je voulais composer un couple avec des polarités opposées, à la Laurel et Hardy, avec une fragilité. J’ai voulu sortir de toutes les étiquettes. Montrer des corps différents. Les deux s’apportent des choses qui leur manquent. Je n’ai pas voulu que la dimension sexuelle parasite tout de suite. J’ai préféré partir de l’affectif pour aller vers le sexuel.
Regardez la bande-annonce:
Il est très difficile de construire la distribution d’un film avec des héros gays, en particulier des jeunes acteurs. Ils ont souvent peur de se retrouver «étiquetés»…
Avec certains agents ou certains acteurs, j’ai eu des refus catégoriques. Mais cela aurait peut-être été la même chose si j’avais casté un tueur en série… J’ai choisi mes deux acteurs sans me soucier de leur orientation sexuelle.
Comment avez-vous travaillé avec vos deux comédiens? Avec beaucoup de répétitions ou, au contraire, en ne préparant rien?
J’ai eu la chance de pouvoir tourner dans la continuité, en suivant de façon chronologique l’évolution de l’histoire d’amour. J’ai beaucoup travaillé avec chacun seul à seul. Guillaume et Matila (respectivement à gauche et à droite ci-dessous) ne se sont quasiment pas vus avant le tournage. Trop de répétitions auraient tué la complicité qui s’est installée peu à peu.
Certains critiquent la relative noirceur de Hors les murs et reprochent aux jeunes cinéastes gays de ne montrer que la face sombre de l’amour entre garçons. Qu’en pensez-vous?
Je n’ai pas voulu faire un film sur l’homosexualité mais sur l’amour. Je ne me suis pas posé la question de savoir si le film serait lumineux ou pas parce qu’il y a des gens qui ont des problèmes de reconnaissance. Hors les murs est très décomplexé, entre autres par rapport à moi-même. Je ne me suis pas dit que j’allais faire un film plus solaire parce que certains ont des problèmes par rapport à eux-mêmes. Je me suis détaché de la pression militante, de la pression hétérosexuelle, qui n’aime pas voir ce type de film être financé…

On peut trouver une parenté entre Hors les murs et L’homme blessé de Patrice Chéreau. Vous êtes d’accord avec ça?
C’est un film que j’aime beaucoup. Mais par rapport à la sexualité des pissotières, je pense qu’il a beaucoup vieilli et que le mien est beaucoup plus lumineux. Je préférerais placer Hors les murs entre L’homme blessé et Drôle de Felix.
Le film voyage après sa sélection cannoise, il a eu un prix au dernier festival Chéries-Chéris. Qu’est-ce qui vous surprend dans l’accueil qu’il reçoit?
Le public féminin hétérosexuel trouve qu’il a un vrai pouvoir érotique. J’étais à mille lieux de m’imaginer cela!
Sur quoi travaillez-vous désormais?
J’ai envie d’aller encore plus loin dans le rapport à l’intime. Mon prochain long sera la rencontre entre la misère économique du Sud et la misère affective et sexuelle du Nord… Il s’agira d’un trio amoureux que j’espère mettre en scène l’année prochaine. J’aimerais bien aussi faire un film d’animation pour enfants.
Photos: DR.










LES CHAÃŽNES 











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De NémoGizmo
"Hors les murs" est alléchant!
Guillaume Gouix est un acteur "qui monte" très vite, pour avoir fait ses preuves notamment dans de bonnes séries télé ("Les Revenants"...). Il n'a pas peur de prendre de le risque de jouer un homo, c'est bien!
En outre, je lui trouve quelque chose de sexy :o)
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De Jean Elie
"qui monte très vite" LOL :-)
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De J_P_M
Ce n'est pas la première fois que Gouix joue un homo ! Dans "Poupoupidou", il était un gendarme homosexuel, qui draguait le personnage principal dans un sauna. On le voyait même à poil.