Au ciné: la saga musclée Jason Bourne, un polar israélien et un sujet polémique
TÊTU.com a retenu trois films parmi les sorties ciné de la semaine: un polar soft et intimiste, un drame pudique avec Vincent Lindon et «Jason Bourne: L’Héritage», qui met en lumière un Aaron Cross en «super agent» drogué.
JASON BOURNE: L’HÉRITAGE
La saga Jason Bourne, qui a remusclé le cinéma d’action hollywoodien, ne met pas en scène le personnage de l’espion amnésique surdoué! Réalisé par Tony Gilroy, (Michael Clayton, Duplicity), l’homme est aussi celui qui a signé tous les scénarios de la série. Avec lui, ce Bourne numéro 4, sans Bourne, devient un honnête thriller. Sans plus…
Comment prolonger une saga quand la star (Matt Damon) et le réalisateur (Paul Greengrass) raccrochent leurs tabliers? En imaginant une greffe (les Américains appellent cela un spin-off) où l’on parle de Bourne, où l'on est obsédé par Bourne, où l'on court toujours après Bourne… Mais où on ne le voit jamais! On lance alors à ses trousses un agent bis.
Un «super agent» drogué
En jargon hollywoodien, ce n’est pas un reboot, ni même un recast ou un prequel. Personne ne remplace Matt Damon. Le néo Bourne s’appelle Aaron Cross, un «super agent» drogué qui passe son temps à essayer de trouver des petites pilules qui lui sont vitales.
Bavard au début de l’intrigue, très (trop) speedé à la fin, cet «héritage» est un drôle d’hybride, entre thriller mixant parano, manipulations génétiques et pur «action movie» à la testostérone. Rien à redire quant à la facture. C’est carré, bien produit, correctement joué (surtout par les seconds rôles, Edward Norton en tête). Mais trop long et fade. A l’image de Jeremy Renner, pas franchement charismatique. On a du mal à croire qu’il a été choisi après un casting ayant vu défiler 150 candidats…
Regardez la bande-annonce:
Un film de Tony Gilroy avec Jeremy Renner, Rachel Weisz, Edward Norton et Albert Finney.
Action. 2h17.
ALYAH
Pour profiter d’une filiation juive ashkénaze, Alex décide d’émigrer en Israël. De faire son «alyah», littéralement son «ascension» en terre sainte. Aucun motif religieux ne motive ce voyage… Le point de départ d’un polar sec, intriguant, mais pas tout à fait maîtrisé.

Alex (Pio Marmaï), glandeur et dealer parisien traînant une sorte d’ennui existentiel, voit sa vie se compliquer sérieusement. Un deal de coke qui tourne mal, des amours sans relief, un frère pot de colle qui lui soutire de l’argent… Il va alors décider de partir pour Israël dans le but de créer un restaurant. Mais il est bien peu au fait de la vie dans ce pays, ou de la coutume religieuse.
On lit çà et là que ce polar soft et intimiste serait du calibre d’un James Gray. Certes, il lorgne, c’est vrai, clairement vers ce modèle. Et il y parvient parfois. Grâce à une belle distribution (le cinéaste Cedric Kahn, ici comédien est excellent) et à une façon troublante de disséquer les rapports amoureux ou familiaux. Mais on a du mal à adhérer totalement à l’aventure. A partager l’urgence qui habite le héros. Elie Wajeman sait en tout cas tenir une caméra, crée une ambiance, capter l’air du temps, travailler ses personnages. On guettera son prochain opus avec intérêt…
Regardez la bande-annonce:
Un film de Elie Wajeman avec Pio Marmaï, Cédric Kahn, Guillaume Gouix et Adèle Haenel.
Policier. 1h30.
QUELQUES HEURES DE PRINTEMPS
Sur un sujet polémique (le suicide assisté), Stéphane Brizé signe un drame pudique et sans futilité qu’un trio d’acteurs d’exception rend bouleversant.

On l’a vu avec ses précédents films, Mademoiselle Chambon ou Je ne suis pas là pour être aimé, Stéphane Brizé est un cinéaste élégant, délicat, qui sait saisir le doute, la tristesse ou l’émoi avec un doigté rare.
Vincent Lindon en type odieux
Yvette Evrard (Hélène Vincent) est une banlieusarde âgée qui mène une existence routinière. Alain (Vincent Lindon), son fils, vient perturber sa vie méticuleusement ordonnée. Chauffeur routier, il a été incarcéré plusieurs mois pour trafic de drogue. Et il revient dans la maison familiale pour retrouver ses marques. La cohabitation entre la mère et le fils, aussi taiseuse que lourde de sous-entendus, prendra un autre tour le jour où Yvette découvrira qu’elle est atteinte d’un mal incurable…
Stéphane Brizé aborde avec une grande élégance la difficile question du choix de «mourir dans la dignité». Car Yvette va souhaiter se rendre en Suisse, là où le suicide assisté est autorisé… Vincent Lindon, Hélène Vincent et Emmanuelle Seigner composent chacun de magnifiques personnages avec un tempo toujours juste. Vincent Lindon en particulier, qui délaisse ses habits de héros noble et taiseux pour se muer en un type sortant de prison, obtus et odieux, hurlant sa rage plutôt que d'avouer à sa mère mourante qu'il l'aime.
Regardez la bande-annonce:
Un film de Stéphane Brizé avec Vincent Lindon, Helène Vincent et Emmanuelle Seigner.
Drame. 1h48.










LES CHAÃŽNES 











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De NémoGizmo
le film avec le sublime Pio Marmai est tentant :o)
déjà vu le nouveau "Jason Bourne" en avant-première, dans la même veine que la série, pas mal pensé, on ne s'ennuit pas, efficace et vif. Ca change des James Bond (même si les derniers ont connu un mieux, merci M.Craig), avec bien moins de "je suis un tombeuuuuuuur mesdames...".
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De Zboub0
Pio Marmai est tentant même sans film!
2
De J_P_M
Ah, parce que les James Bond avec Daniel Craig étaient bons ?! C'est nouveau, ça vient de sortir.
Qu'on se le dise : les seuls James Bond sont estampillés Sean Connery. Craig n'a joué que dans deux films dépourvus d'humour, de banals blockbusters, tout juste bons pour des gens qui ne sont jamais allés au cinéma.
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De Chalion
Après avoir été critiqué parce que son style était très éloigné des "Bond" précédents, Daniel Craig a bénéficié d'une nouvelle aura lorsqu'il a été démontré que son personnage était celui qui se rapprochait le plus du véritable héros des romans ayant inspiré la saga.
Et, selon les fans des romans et des films, le seul "vrai" Bond était Georges Lazenby de "Au service de sa Majesté".
Sean Connery était apprécié du public, mais jugé trop cabot par les fans. Roger Moore et Timothy Dalton n'ont guère été aimés, ni du public, ni des fans. Pierce Brosnan a un peu relevé le niveau.
Mais, Daniel Craig a fait exploser le box-office et réussi à séduire les fans de la saga qui lui reconnaissent le statut d'un vrai "Bond", à l'image de Lazenby...
Le public aimait bien le cabotinage de Connery (perso, il m'a toujours agacé), mais quand vous lisez les romans de Ian Flemming, l'écossais est très loin du personnage...
J'ai d'ailleurs été surpris quand j'ai lu "Casino Royale" de constater le froid, la morgue du Commandant Bond. Rien à voir avec le clown interprété par Sean Connery...
Quand à l'humour, il est bien présent dans les deux derniers Bond et très anglais. Peut-être trop british à votre goût pour que vous l'appréciiez complètement...
Maintenant, chacun ses goûts. Vous n'aimez pas, soit. D'autres aiment, c'est tout... Ceci étant, j'écris cela à quelqu'un qui a toujours des critiques très tranchées en matière de cinéma. Donc, veuillez accepter mes excuses pour ne pas du tout avoir les mêmes goûts cinématographiques que vous... (^ . ^)