Au ciné : «"La Parade" est une thérapie anti-homophobie»
INTERVIEW. «La Parade», comédie signée par le serbe Srdjan Dragojevic, est sortie mercredi en salles. L’histoire d'un ex-militaire homophobe qui, par amour, va devoir assurer la sécurité de la gay pride de Belgrade... TÊTU.com a rencontré son réalisateur.

Réalisateur et scénariste serbe, politiquement engagé «à gauche» et promoteur des «droits des minorités», Srdjan Dragojevic a réussi l’impossible: rassembler près de 600.000 spectateurs dans toute l’ex-Yougoslavie pour voir La Parade, une comédie grand public qui mise à fond sur les clichés pour dénoncer l’homophobie. Et cela dans une société ouvertement homophobe.
TÊTU.com: La Parade a été un véritable succès en Bosnie, en Serbie, en Croatie ou au Monténégro… des pays où l’homophobie est la règle. Comment expliquez-vous un tel succès dans ce contexte?
Srdjan Dragojevic (ci-contre): J’ai voulu faire un film sur le droit des minorités mais sans l’enfermer dans le «ghetto des festivals». Je voulais un film grand public que les homophobes iraient voir. Et ça a marché! Le film est communicatif, il fonctionne comme une comédie en jouant sur les clichés, et il intrigue: on ne s’attend pas à un tel traitement pour ce sujet. De nombreux homophobes l’ont vu, c’est évident. En fait, j’aime à imaginer La Parade comme deux heures de thérapie anti-homophobe!
Et elle fonctionne cette thérapie?
J’ai eu quelques retours positifs, oui! Par exemple celui du fils d’un ami: il a seize ans et il est impliqué dans certains mouvements de type hooliganisme. Il est allé voir le film et quand son père lui a demandé ce qu’il en avait pensé, il a répondu: «Ce film, c’est de la merde!» puis il a expliqué: «C’est de la merde parce que maintenant je ne déteste plus les gays.» Perso, je me moque qu’il déteste mon film si, grâce à lui, il prend conscience de ses préjugés et apprend à regarder les personnes homosexuelles comme des personnes normales. Cela dit, je ne crois pas qu’un film puisse suffire ou changer les mentalités du jour au lendemain…
Regardez la bande-annonce:
D’autant qu’en octobre 2012, après le succès ex-yougoslave de La Parade, la gay pride a une nouvelle fois été annulée à Belgrade pour des «raisons de sécurité»…
J’avoue avoir été un peu naïf, j’espérais que le film aiderait cette gay pride à avoir lieu après l’annulation de 2011… Mais à la fin, l’agenda reste politique et un tel événement doit être fortement soutenu par le gouvernement, la police, la justice. Comme je le répète souvent à mes amis gays, la gay pride ne suffit pas: il faut aussi travailler sur les institutions, y compris l’école. C’est un travail de long terme, d’éducation et de lutte contre les préjugés.
C’est pour cela que vous avez choisi de vous attaquer à ce problème de société, pour lutter contre les préjugés?
Certains de mes meilleurs amis en Serbie sont homos, et j’estime qu’il est en quelque sorte de mon devoir de faire quelque chose pour essayer d'améliorer leurs conditions de vie. De manière plus générale, je suis communiste, pour les droits de l’Homme et contre les discriminations quelles qu’elles soient, même si je n’en suis pas une victime directe. Car non, à la surprise de nombreuses personnes rencontrées lors des festivals, notamment LGBT, je ne suis pas gay, mais hétéro, marié et avec déjà plusieurs enfants.
Le film est sorti mercredi en France alors qu’il y a quatre jours, des milliers de manifestants protestaient contre le mariage et l’adoption pour tous…
Cela montre bien que les sentiments homophobes peuvent être forts, et pas seulement en ex-Yougoslavie mais aussi dans des pays plus développés comme la France. Je comprends les réticences de certains, conservateurs ou très religieux - catholiques comme musulmans - mais le mariage gay est désormais possible dans des pays très catholiques, comme l’Espagne. Le film sort en plein débat, s’il peut avoir un impact ne serait-ce que minime, j’en serais ravi…
Photos: DR.










LES CHAÃŽNES 











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De EQUALRIGHTSFORALL
Le soucis des religions c'est qu'elles prônent toutes de l'homophobie , ( pourtant je suis bien plus croyante que ceux qui se cachent dernière leurs religions et comment ils interprètent les choses qui les arrangent . Pourtant ils ne sont pas Dieu , c'est bien ça le problème . ( J 'ai le respect de tous , croyant ou non , mais diffuser de la haine est juste le reflet de leur ignorance , quand des hommes se prennent pour dieu , l'histoire est là pour se souvenir . Je combats toutes formes d extrémismes car elle est une bombe pour toute l'humanité et les droits de l'homme , et comme je suis croyante un jour ces personnes auront des comptes à rendre , la diversité n'est pas le fruit du hasard elle est là dans un but bien précis . C 'est se que je crois profondément . Et si les démocraties ne prennent par garde , et bien nous irons droit dans une 3èmes guerre mondiale avec des fanatiques qui veulent imposer leur idéologie .
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De Sylv5
Bon, on va peut-être essayer d'éviter la 3ième guerre mondial, ce serait pas très bon pour notre image de marque. Mais je suis d'accord, les religions ont trop eu l'habitude de se construire sur l'exclusion.
Les juifs exclurent tous les autres, les chrétiens exclurent les homos, les musulmans exclurent les femmes, sachant que les suivants ajoutèrent leurs caractéristiques à celles de leurs prédécesseurs on arrive à des sociétés modernes s'excluant les unes les autres par groupes groupes et sous-groupes (comme en maths en primaire).
C'est exactement ce que démontre ce film.
Et la traversée des limites créées par ce système a besoin d'un prétexte puissant pour que chacun puisse reconnaître l'humanité de l'autre et sa place sur la même marche au podium des civilisations.
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De grego2tours
bien dit!
d'ailleurs voici ce qu'on peut lire sur le site de la manif pour tous:
"La Manif Pour Tous proposera éventuellement des rendez-vous aux Français pour la suite de la mobilisation, y compris lors d’actions de rue"
des actions de rue, voilà une formule qui n'annonce pas le pacifisme en effet...