Au ciné: des ados gays dans un «bus movie», une comédie, une saga et un thriller
Le dernier film de Michel Gondry, un coup de cœur du dernier festival de Cannes ou encore le dernier film de celui qui a été révélé par l’impressionnant western «The Proposition»… Découvrez notre sélection ciné de la semaine!
THE WE AND THE I
Michel Gondry, l’un des plus originaux et spirituels cinéastes français, invente ici le «bus movie». Un presque huis clos ou des ados se retrouvent en fin d’année scolaire dans un bus. Un espace original au sein duquel il revisite le teenage movie à sa façon. Le voyage est parfois un peu long, mais The we and the I dégage un charme indéniable.

Se déroulant en temps réel dans l’espace d’un bus des transports publics de New York, The We and The I suit les tribulations d’un groupe d’une quarantaine d’adolescents un jour de début d’été, alors que l’année scolaire vient de s’achever. Ils sont tous sur le chemin du retour. Dans une joyeuse pagaille au départ, le groupe révèle petit à petit ses clans et ses bandes. Au gré du voyage, on découvre mieux ces ados, leurs secrets, leurs questionnements.
Il y a des blacks, des latinos, des wasps... Ne jugeant jamais ses jeunes héros, Gondry propose sa version du teenage movie et met entre autre en scène un jeune couple de gays très attachant. Porté par une BO très soignée (on n’en attendait pas moins de Gondry) et boosté par le charisme de ses jeunes acteurs (formés deux années durant par Gondry au sein d’un atelier d’art dramatique), The We and The I avait charmé la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes au printemps dernier. Si le film avait été plus tenu et moins long, on aurait été totalement emballé. Mais faire cette balade en bus est tout de même un voyage bien électrisant.
Regardez la bande-annonce:
Un film de Michel Gondry avec Michael Brodie, Teresa Lynn et Lady Chen Carrasco.
Comédie dramatique. 1h46.
CAMILLE REDOUBLE
Ce coup de cœur du dernier festival de Cannes arrive sur les écrans. Le talent de Noémie Lvovsky, ici derrière et devant la caméra, irradie cette comédie douce-amère.
Nous sommes le 31 décembre et Camille (Noémie Lvovsky), la quarantaine, vient de se séparer de son mari (son amour d’enfance qu’elle a rencontré à ses 16 ans). Elle boit un peu trop pour oublier, et lors des douze coups de minuits, elle s’évanouit… Et se réveille de nouveau ado. Mais Camille, que les autres personnages (ses parents, ses amis…) voient évidemment dans son corps de 16 ans, est incarnée par la même Noémie Lvovsky….
Evidemment, on rira du choc des looks, des expressions. Le film aborde aussi des thèmes éternels: la peur de ne pas avoir fait les bons choix de vie, les bonnes rencontres… Ce Peggy Sue s’est mariée français (le film de Francis Ford Coppola tourné en 1986 sur un thème identique et jouée par Kathleen Turner) joue très bien sur l’équilibre entre l’humour et l’émotion. Et on se laisse embarquer avec plaisir.
Regardez la bande-annonce:
Un film de et avec Noémie Lvovsky, Samir Guesmi, Vincent Lacoste et Yolande Moreau.
Comédie dramatique. 1h55.
CE QUE LE JOUR DOIT À LA NUIT
Tirée du best-seller de Yasmina Khadra (le pseudonyme de Mohammed Moulessehoul), traduite dans trente-sept pays, cette saga se déroule en Algérie de 1936 à 1962. Alexandre Arcady, qui a souvent planté l’action de ses films dans ce pays à l’époque où il était un territoire français, y brasse à nouveau des thèmes qui lui sont chers: l’attachement à la terre, à la famille et à l’amour…
Younes n'a que sept ans quand son père est obligé d'abandonner ses terres pour s'installer dans un quartier pauvre d'Oran. Il est confié à son oncle Mahi, pharmacien marié à une chrétienne, Germaine, qui ne cessera jamais de l'aimer comme son fils. Younes devient Jonas, étudie à Oran, où il est confronté au racisme anti-arabe. La famille s’installe avant la guerre 39-45 dans une petite ville où Jonas va grandir, se faire des amis, pour la plupart français, de la même classe sociale que lui, et connaître l'amour. Un amour qui le hantera jusqu’à la fin de ses jours…
On pourra reprocher à Arcady une mise en scène très (trop) classique et un sujet qui brasse beaucoup de thématiques, mais si on aime les grandes sagas, les amours impossibles et que l’on apprécie la découverte de bons jeunes comédiens, beaux gosses de surcroît (Fu'ad Aït Aattou, Nicolas Giraud, Olivier Barthelemy) aux côtés d’acteurs solides (Anne Consigny, Fellag, Vincent Perez), on passera un bon moment. Et on sera même ému par ce film qui n’a pas honte d’être un mélo à l’ancienne.
Regardez la bande-annonce:
Un film de Alexandre Arcady avec Fu'ad Aït Aattou, Nora Arnezeder, Anne Parillaud, Vincent Perez, Anne Consigny, Nicolas Giraud et Pierre Abbou, Olivier Barthelemy.
Drame. 2h39.
DES HOMMES SANS LOI
On attendait avec impatience le nouveau film du réalisateur australien John Hillcoat, révélé par l’impressionnant western The Proposition. Pour son premier long nord-américain, il adapte un roman historique de Matt Bondurant, The Wettest County in the World, où l'auteur y racontait l'histoire de sa propre famille durant la Prohibition. Le film est décevant.
La période de la Prohibition a été souvent racontée dans le cinéma américain. Et ce film respecte la tradition. Mais on attendait de Hillcoat et de son scénariste, le musicien Nick Cave, une proposition convenue. Surtout après The Proposition, western aussi violent que fascinant, sur lequel le duo avait travaillé en 2005. En respectant à la lettre les codes des films sur la prohibition, ils ont choisi un rythme traînant, mollasse, où les acteurs prennent le soin de placer leur personnage au sein de l'histoire et de s'y installer lentement. Au point que cette sagesse endort peu à peu malgré une violence assumée.
La plus grande qualité de l'œuvre, c’est sa distribution. Tom Hardy, tout d’abord loin de son rôle caricatural de The dark knight rises. Il est entouré de solides acolytes (Shia LaBeouf, Jason Clarke, Jessica Chastain). Tous ensemble, ils apportent une chair à ce film qui, sans eux, en manquerait cruellement.
Regardez la bande-annonce:
Un film de John Hillcoat avec Shia LaBeouf, Tom Hardy et Jason Clarke.
Drame. 1h55.










LES CHAÃŽNES 











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De shinshinto
The We And The I Ã l'air pas mal :D !