Au ciné: Ben Affleck, Michel Delpech et une love story gay touchée par le sida
TÊTU.com a retenu quatre films parmi les sorties ciné de cette semaine: le bouleversant et exaltant «House of boys», l’intelligent «Argo» réalisé par Ben Affleck, le très attendu «Nous York» et «L’air de rien» avec Michel Delpech.
HOUSE OF BOYS
Il aura fallu plus de trois ans pour voir enfin ce film luxembourgeois, largement autobiographique, sortir en France après avoir fait le tour des festivals homos de la planète. Glanant au passage moultes récompenses. Une love story sur fond d'années sida…
Nous sommes en 1984. Après avoir fait son coming out, Frank, 18 ans, fuit son Luxembourg natal et part vivre à Amsterdam. Charmeur et candide, il se fait engager dans un cabaret gay sous la protection de «Madame», (Udo Kier) figure de la nuit locale. Il ne faut pas longtemps à Frank pour craquer pour Jake, un collègue américain apparemment hétérosexuel. Qui va bientôt être atteint par un mal mystérieux… On va vite parler de «cancer des homos»…
House of boys n’est pas le premier film à évoquer les années sida. Et le cinéaste, en puisant dans ses souvenirs, fait parfois dans l’emphase pour évoquer les années 80, la maladie ou la passion amoureuse. C’est pourtant ce qui fait aussi la force du film. House of boys est tout aussi exalté, exaltant que bouleversant, militant et rageur. L’histoire d’amour est portée par un jeune duo d’acteurs vibrant. Mais la vraie idée, le «plus» de cette aventure si personnelle, ce sont les seconds rôles. La touche «classe» est apportée par deux comédiens d’exception. Tout d’abord Udo Kier, fascinant caméléon allemand qui en trente ans de carrière a connu Wenders, Argento, Fassbinder ou Madonna, promenant son regard bleu acier sur le cinéma underground mondial. Mais aussi par Stephen Fry, onctueux et délicieux acteur anglais qui se balade avec classe entre cinéma, télévision, radio et écriture. Ils permettent à ce drame sincère d’émouvoir encore plus.
Regardez la bande-annonce:
House of boys, réalisé par Jean-Claude Schlim avec Layke Anderson, Benn Northover et Udo Kier.
Drame. 1h57.
ARGO
Alors que le film sort en France précédé d’une rumeur flatteuse et d’une promesse de pluie d’Oscars, le nouvel opus de Ben Affleck réalisateur est digne de la hype qui l’entoure. Un suspense maitrisé avec une force et une intelligence rare.

L'histoire est tellement surréaliste qu'elle ne pouvait être que le fruit de l'imagination de Hollywood. C'est exactement ce qu’a dû se dire Ben Affleck en mettant la main sur le scénario d'Argo, qui relate les incroyables, et pourtant véridiques, jeux de coulisses qui se sont déroulés en toile de fond de la prise d'otages de 52 ressortissants de l'ambassade américaine de Téhéran, en novembre 1979. A l’époque, au plus fort de la révolution iranienne, six employés de l'ambassade avaient réussi à s'échapper et à trouver refuge chez l'ambassadeur du Canada en Iran. Un audacieux plan d’évasion va être imaginé…
Argo, le troisième long-métrage réalisé par l'acteur Ben Affleck (Gone Baby Gone, The Town), est un impressionnant thriller politique avec un bon dosage de drame, de suspense et d'humour. On est vraiment tenu en haleine même si la fin du long-métrage n’échappe pas aux conventions un brin larmoyante du drame hollywoodien. Mais cet Argo, qui confirme les qualités de cinéaste de l'acteur, est à classer dans les très bonnes surprises de l’année.
Regardez la bande-annonce:
Un film de et avec Ben Affleck, Bryan Cranston et John Goodman.
Drame. 2h.
NOUS YORK
Après le carton surprise et mérité de Tout ce qui brille, on attendait avec envie la suite des aventures de Leïla Bekhti, Géraldine Nakache et du réalisateur Hervé Mimran. Mais difficile de s’enthousiasmer pour une comédie poussive, ode maladroite à un New York de carte postale…

Nous York n’est pas un Tout ce qui brille 2. Et c’est peut-être dommage. On suit ici trois jeunes banlieusards qui sont depuis toujours biberonnés à l’American Way of Life, et qui décident de rejoindre pour son anniversaire leur copine d'enfance (Leïla Bekhti) qui vit à New York. Bekhti est l'assistante un peu souffre-douleur d'une star de cinéma (Sienna Miller, très bien) tandis que son amie Géraldine Nakache travaille dans une maison de retraite. Où l’on croise Marthe Villalonga!
Le quintet va explorer la carte du tendre et de l’amitié dans un scénario et des dialogues que l’on croirait écrits par un ex de Hélène et les Garçons. Dommage car Leïla Bekhti et Géraldine Nakache sont toujours des Stradivarius, ici étrangement désaccordées…
Regardez la bande-annonce:
Un film de Géraldine Nakache et Hervé Mimran avec Leïla Bekhti, Géraldine Nakache, Manu Payet et Nader Boussandel.
Comédie. 1h38.
L’AIR DE RIEN
Que faire quand sa star préférée est ruinée? Lui donner un coup de main pour qu’elle se refasse sur scène. L’idée originale de cette comédie joliment troussée, drôle et poétique.
Un jeune huissier de justice, qui démarre sa carrière en Auvergne, a bien du mal à jouer les méchants pour récupérer les impayés. Il ne peut s’empêcher de vouloir aider son prochain. Il se retrouve à poursuivre le chanteur Michel Delpech et contraint de saisir ses biens. Mais ce juriste tendre et maladroit est confronté à un dilemme: son père, qui vient de mourir, était un grand fan de l’artiste. Alors, pour rembourser les dettes du chanteur, il va tenter le tout pour le tout: refaire monter sur scène le chanteur et devenir, sans le vouloir, son agent.
Michel Delpech parfait dans l’autodérision
On savait Michel Delpech bon acteur (Les bien aimés de Christophe Honoré). Il se révèle encore une fois parfait dans l’autodérision et la bougonnerie. Face à lui Grégory Montel, en huissier dépassé, est lumineux.
Une dramédie discrète, émouvante et souvent très drôle. Dans la masse des films qui sortent aujourd’hui, L’air de rien risque de passer un peu inaperçu. Mais il serait vraiment dommage de manquer ce cri du cœur d’un fan à son artiste favori.
Regardez la bande-annonce:
Un film de Grégory Magne et Stéphane Viard, avec Michel Delpech, Grégory Montel, Christophe Miossec.
Comédie. 1h32.










LES CHAÃŽNES 











0
De patrik
House of Boys : vu il y a des années au festival Chéries-chéris.
Malheureusement cette année-là il y avait d'autres bons films qui eux aussi finissaient mal.
Ayant subi cette overdose de fins tragiques, comme dans les années 50-50 où les personnages gays _devaient_ mourir à la fin, je n'ai pas apprécié ce film, à cause de cette juxtaposition.
Peut-être le reverrais-je avec plaisir ?
0
De Fabricelille
Merci pour le spoiler ;-) quoique étant donné que cela se déroule en 1984 on pouvait malheureusement se douter que la fin serait tragique.
Pour te remonter le moral regarde, si tu l'as en DVD, Torch song trilogy.
A l'époque le réalisateur et comédien Harvey Fierstein avait pris le parti de ne pas parler du Sida pour que son film ne soit pas d'un néoréalisme trop larmoyant. L'homophobie c'était déjà suffisant.
0
De patrik
Ça fait des années que j'ai Torch Song Trilogy, en Laser Disc, film que j'apprécie ! Malgré une issue fatale, ceci dit pour le spoiler :-)
0
De guy andré
Ha bon, je croyais que c'était un film qui était tout récent, mais en fait , selon Patrick, il daterait déjà de quelques années. De quand exactement ?
0
De patrik
De quelques années, de 1988.