Amanda Palmer: «Dans mon prochain clip, je compte bien bécoter une fille»
RENCONTRE. La chanteuse bi des Dresden Dolls est de retour avec un nouvel album, et un nouveau record: sans maison de disque, elle a réussi à récolter plus d'1 million de dollars sur Kicktstarter pour sortir son nouveau disque!
Chanteuse de rock mais aussi... de comédie musicale. Amatrice d'une esthétique gothique très XVIIIe... tout en étant constamment connectée à Twitter. Paradoxale, la Palmer? Pas forcément. Atypique, c'est sûr. Après avoir rapidement gagné la reconnaissance des amateurs de rock indé avec son duo gothiquo-punk Dresden Dolls, «Amanda Fucking Palmer» (comme elle aime se nommer) a enchaîné sur une carrière solo rare. Palmer part dans tous les sens, inclut des sketches dans ses concerts, sort un livre, alterne shows ultra-intimistes et premières parties dans des salles gigantesques, met en scène sa mort en photos... Et ça marche. Curieusement tout se tient.
La musicienne ouvertement bi mélange esprit punk, théâtre, comédie musicale avinée, et un grand amour du jeu. Avec les spectateurs, avec les rôles... Comme quand, avec son ami Jason Webley, elle explique avoir découvert sur Myspace «Evelyn Evelyn», deux sœurs siamoises mélomanes... pour mieux jouer les siamoises avec Jason lors des concerts supposés de celles-ci. Amanda Palmer va jusqu'au bout de ses farces.
«J'ai adoré que ma chanson soit la cause de discussions enflammées sur les poils» C'est sûrement ce qui la différencie le plus de ses consœurs du moment: l'Américaine ne prend rien au sérieux. Elle fait scandale en Grande-Bretagne quand, dans sa chanson Oasis, une jeune fille raconte, avec légèreté et sur une musique entrainante, comment elle se fait avorter après un viol. Palmer traite le grave avec le rire, le sérieux avec l'ironie.
Après avoir quitté son label avec perte et fracas en 2010 (parce qu'on voulait couper des passages d'un clip où on la trouvait «trop grosse»), Palmer a dû cogiter à un nouveau moyen pour financer la sortie de son nouvel album, Theatre is evil. La solution est toute trouvée pour cette geek ultra-connectée: demander à ses fans de donner de l'argent pour pré-commander l'album, un livre, des concerts... Jackpot: la chanteuse visait les 100 000 dollars, elle en récolte plus d'1 million en quelques semaines. De quoi aider à distribuer mondialement son dernier opus, arrivé lundi dernier dans les bacs. En pleine promo depuis l'été, elle revient pour TÊTUE sur cette aventure, parle coming out, épilation, et mariage homo.
TÊTUE: Cela fait 4 ans que vous n'aviez pas sorti un album studio. Mais, pendant ce temps, vous avez fait énormément de concerts, sorti un EP de reprises de Radiohead, un album de live Amanda Palmer goes down under, participé au projet Evelyn Evelyn, joué dans la comédie musicale Cabaret... Vous ne vous arrêtez jamais! Vous n'avez pas envie de prendre des vacances?
Amanda Palmer: Non! (elle rigole) Je prends des vacances d'un point de vue créatif. Pour moi, quand j'écris avec Jason Webley pour notre duo Evelyn Evelyn, cela ressemble à des vacances. Je ne suis pas tout à fait heureuse si je ne suis pas en train de travailler sur quelque chose.

Theatre is evil, clame le titre de votre album. Alors, pourquoi le théâtre est-il «le mal»?
Il l'est! (rires). Ce titre est une blague... et en même temps, c'est très sérieux! J'ai grandi avec le théâtre, les gens qui m'entourent sont tous impliqués, à différents degrés, dans le monde du théâtre, qui peut être très rude... S'il était possible de gagner sa vie en faisant du théâtre, j'aurais sûrement fait du théâtre plutôt que du rock. Mais les gens achètent plus facilement une place pour un concert que pour un spectacle. Alors il a fallu leur tendre un piège! (rires).
Effectivement, vos shows sont toujours très théâtraux...
Oui, c'est un mariage entre le rock et le théâtre. J'ai été autant influencée par Kurt Weill que par The Cure ou Depeche Mode.
Vous avez lancé une pré-commande de votre album sur la plateforme Kickstarter an mai dernier. Vous vouliez récupérer 100 000 dollars et vous avez reçu... 1 192 793 dollars! Votre projet a donc été financé à 1 192%. C'est inimaginable! Comment est-ce que vous expliquez ce succès?
Je savais que je ne voulais pas signer sur un label. Donc le crowdfunding, le financement par les fans, était la seule solution. L'album était prêt depuis quelque temps, mais j'ai bien fait d'attendre pour le sortir: un an avant, ça n'aurait pas aussi bien fonctionné. J'aurais dû expliquer ce qu'était Kickstarter, son fonctionnement... Je me suis forcée à patienter pour avoir le bon système.
Regardez la vidéo réalisée pour cet appel à dons:
Vous êtes ouvertement bi. A quand remonte votre coming out?
Je crois qu'il n'y a pas vraiment eu de «coming out» à proprement parler. Je me suis identifiée en tant que bi à l'âge de 15 ans, et cela n'a jamais été un problème pour moi...
Avec votre morceau Map of Tasmania, vous avez écrit un véritable hymne anti-épilation! Vous chantez: «I say grow that shit like a jungle, Give ‘em something strong to hold onto, Let it fly in the open wind, If it get too bushy, you can trim» («Laisse pousser tout ça comme une jungle, donne-leur quelque-chose à quoi s'accrocher, laisse ça voler au vent, si jamais ça fait trop touffe, tu peux toujours tailler»). Comment vous est venu l'idée d'écrire cette chanson délirante?
Tout est parti d'une anecdote que l'on m'a racontée lors de ma tournée en Australie. Là-bas, il arrive que les mecs crient aux filles: «montre moi ta carte de Tasmanie!», parce que la Tasmanie est en forme de triangle. C'est assez macho en fait. J'ai commencé à écrire un texte sur ça, comme une blague, et il y a eu un effet boule de neige.
J'ai adoré que cette chanson soit la cause de discussions enflammées sur les poils. J'énerve parfois certaines féministes. Je ne me suis jamais vraiment définie comme féministe, même si je n'ai aucun problème à ce que l'on m'étiquette comme cela. Quand je regarde la définition, je suis tout à fait d'accord. Mais il y a différentes sortes de féminismes, différentes vagues, et je ne pas vraiment envie d'être impliquée dans ce débat. Mon credo c'est: faites-ce que vous voulez. Je préfère faire mon truc et être la plus libre possible dans ce que je fais. Je me dis que, plutôt que d'expliquer aux filles qu'elles peuvent faire ce qu'elles veulent, je serais plus utile en leur montrant. Si en me voyant, certaines ont alors l'impression qu'elles peuvent vraiment être elles-mêmes, si elles peuvent réfléchir à deux fois aux choix qu'elles sont en train de faire, si elles peuvent se sentir plus sûres d'elles, ça me va!
Regardez Map of Tasmania:
En décembre 2008, vous avez participé à rassemblement contre la prop 8 à Los Angeles. Avec la comédienne bi Margaret Cho, vous avec effectué un sketch où vous interrompiez une sosie de Katy Perry -et sa fameuse chanson I kissed a girl-, la forciez à vous embrasser et à vous épouser! C'était votre idée?
Voilà un exemple de blague qui en a énervé certaines. On m'a reproché de faire l'apologie du viol. Mais c'était juste une blague! A chaque fois que tu t'interdis de rire sur un sujet, tu lui donnes plus de pouvoir sur toi. Le rire est l'arme ultime contre le viol, les traumatismes...
Ce sketch était effectivement mon idée. En fait... j'avais très envie de bécoter la fille qui jouait Katy Perry. C'était la principale raison! (rires) Je compte refaire ça: pour Do it with a rock star, je veux faire un clip avec Stoya, juste pour la bécoter. C'est une pornstar, elle est absolument sublime! Il faut faire une recherche image sur Google. Vous verrez! Elle est magnifique...
Evidemment, pour revenir à ce sketch, je voulais aussi faire quelque chose contre la prop 8. Les droits des homos sont importants pour moi, comme tous les autres droits civils. Une bonne partie de mes amis sont homos. Quand j'y pense... je crois que la plupart des gens présents à mon mariage étaient homos! (rires). Je ne suis pas une super fan du mariage, mais je suis une fan de mon mariage (elle est mariée depuis 2011 avec l'auteur Neil Gaiman, ndlr). Le fait d'avoir ses amis pour être témoin de ce moment, c'est vraiment quelque chose... Tous ceux qui veulent avoir ça devraient pouvoir l'obtenir.
Regardez le sketch pro-mariage pour tous:
Regardez le clip de son dernier single:
... et le clip de Want It Back:
Amanda Palmer a récemment collaboré avec les Américains déjantés de Flaming Lips, pour The First Time Ever I Saw Your Face

Amanda Palmer and The Grand Theft Orchestra
Theatre is evil
Photos: Shervin Lainez.










LES CHAÃŽNES 











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De clem_41
Contente de lire un article sur elle, elle vaut largement le détour ! Si vous ne connaissez pas sa musique, allez écouter son dernier album, il est vraiment extrêmement bon !
Et elle passe à la Maroquinerie de Paris le 2 novembre...