Alex Beaupain: «J'ai été attiré par les garçons sur le tard»
INTERVIEW. Filles ou garçons, plans baise à Père Lachaise, déception de la gauche, le compositeur des «Chansons d’amour» d’Honoré se lâche dans son nouvel album. Rencontre avec un compositeur aux chansons souvent très charnelles…
Alex Beaupain chantera ce soir à la Cigale qui affiche complet depuis déjà pas mal de temps (mais il a ajouté une date le 4 novembre au Bataclan). C’est mérité. Le compositeur surdoué des Chansons d’amour de Christophe Honoré a sorti il y a deux mois un disque d’une classe folle avec un titre en forme clin d’œil à Jacques Audiard, Pourquoi battait mon cœur. Il a touché le nôtre. Un album personnel, politique, très pop, aux textes ciselés. Comme toujours. Beaupain y livre ses réflexions sur la vie, ses fantasmes, ses histoires de cul. Fin mars, on l’avait rencontré près de chez lui, dans un café au pied de la butte Montmartre. Alex s’était livré comme jamais sur la politique, sa prochaine comédie musicale avec Christophe Honoré, Les Bien-Aimés (sortie le 24 août), ses amours compliqués entre garçons et filles. Extraits choisis de son entretien dans TÊTU (n°165, avril) complétés de passages non publiés dans le magazine.
TÊTU: Dans plusieurs chansons de Pourquoi battait mon cœur, tu mélanges histoire sentimentale et politique. «Un homme une rose à la main», c'est une histoire d’amour déçu avec la gauche?
Alex Beaupain: La chanson engagée c’est souvent très premier degré, j’ai du mal avec ce côté frontal. J’ai compris depuis longtemps que je n’écrivais que des chansons d’amour, mais j’ai vu que je pouvais faire des parallèles. La politique c’est comme en amour: ça commence avec une grande vague d’espoir et puis ça finit par la cohabitation. Ma génération n’a même pas connu, ou alors enfant, l’espoir qu’avait pu représenter Mitterrand en 1981. On a tout de suite été du côté de la déception.
Il y a cette chanson cul Sur toute la ligne: «Plan baise à Père Lachaise, trip pervers à Anvers» ou encore «Je suis d’une reine le trône à Couronne et d’un prince le cheval à Etoile»…
Je ne dirai pas qui était la reine, ni le prince… En tout cas, à la fin, le mec qui accumule les aventures est puni: l’autre le quitte. J’aurais pu finir le morceau autrement mais j’ai pas pu. Pourquoi, je ne sais pas. Peut-être un fond de morale judéo-chrétienne qui me rattrape (rires).
Côté préférences, tu es comme Daho «une quille ou un glaçon va savoir»?
(Il réfléchit) Filles ou garçon… Franchement, si je le savais, je le dirai. Je ne cherche pas à me défiler, à chercher de faux-semblants. J’ai simplement la chance de vivre à Paris, d’évoluer dans un milieu où la sexualité n’est pas un problème, et donc je n’ai jamais eu à me poser la question. Je ne sais pas où je vais et je ne veux pas savoir.
Plus jeune, les garçons t’attiraient?
En fait, cela s’est fait sur le tard, à Paris. J’ai été en couple très jeune et longtemps avec une femme. Cela peut surprendre mais j’ai été très fidèle.
François Sagat dans une comédie musicale? Mais pourquoi pas? J’ai bien aimé «Homme au bain».
Tu peux nous dire quelques mots sur ta prochaine comédie musicale avec Christophe Honoré, Les Bien-Aimés?
On a tout fait à l’inverse des Chansons d’amour! Cette fois-ci la musique, les paroles sont écrites à partir de l’histoire que Christophe avait en tête. Pas d’enregistrement dans l’urgence, là on a pris le temps, on a peaufiné les arrangements. J’ai adoré travailler avec Catherine Deneuve. Elle aime chanter et ça s’entend, on ne peut pas le faire avec tous les acteurs. Il m’est arrivé parfois d’avoir des doutes sur certains choix de Christophe et il m’a toujours prouvé qu’il savait ce qu’il faisait…
Tu pourrais faire chanter François Sagat dans une comédie musicale?
Mais pourquoi pas? Je ne connais pas sa voix. J’ai bien aimé Homme au bain. Je crois que le film a été parfois mal compris. C’était un truc très libre, un geste différent et très personnel et les gens ont pris ça pour un film ordinaire.
C’était comment ton enfance dans le Doubs?
Une enfance plutôt heureuse. Un père cheminot, une mère institutrice, toujours à l’écoute, prêts à m’aider pour un appart’ à Paris quand j’ai été accepté à Science po. Ils ont toujours compris mes choix, même celui de vouloir devenir chanteur. On écoutait beaucoup de musique à la maison: Trénet, Brassens, Brel, Barbara. Ma mère jouait mal de plusieurs instruments, moi j’ai préféré jouer mal seulement du piano. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il n’y a pas eu de fêlure, il faut chercher la fêlure autre part…
Dans les Chansons d’amour?
Exactement. La disparition de ma copine m’a beaucoup affecté, Christophe (Honoré) a tiré ce film de mon histoire. J'ai vu aussi que cette douleur décuplait ma créativité. J’ai longtemps porté une sorte de culpabilité : écrire des belles chansons grâce à sa disparition. Alors comment faire? On s’adresse le plus sincèrement à l’autre, et on fait le moins putassier possible, au plus juste.
Pourquoi battait mon cœur, Alex Beaupain (Naïve).
Son dernier single Au départ:
Bande-annonce des Bien-Aimés:






















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De nocarricature
Super la musique, j'aime beaucoup le texte, je le trouve très juste...
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De KODX
J'adore ce type. Ça fait quelques années que je le suis et ses paroles et musiques sont d’excellentes qualité. Un petit coté années 80 dans la musique et des paroles un peu désabusées, nostalgiques, romantiques etc. suivant les chansons.
En plus il a un charme fou.
On peu ne pas aimer mais il reste un des meilleurs artistes de chanson française.
Par sa sensibilité, je lui trouvait un petit coté pédé. Je suis bien content de voir mon intuition se vérifier.