Airnadette: «Je trouve aberrant qu'un artiste nie son homosexualité»
Si vous ne connaissez pas encore les «air bands», il est grand temps de vous y mettre! Soraya Garlenq, une des membres d'Airnadette, actuellement en tournée en France, a répondu aux questions de TÊTUE. Une lesbienne rock'n'roll comme on les aime!

Depuis quatre ans, Soraya Garlenq alias M-Rodz, «met du rock dans ta sœur» (selon leur expression) avec les cinq autres membres des «Airnadette». Dans leur «comédie musiculte», en tournée actuellement, ce Air'Band (c'est à dire un groupe de musiciens aux instruments invisibles), mélange réplique culte et tube intersidéral. Rencontre avec une lesbienne rock'n'roll et militante.
TÊTUE: À qui ai-je l'honneur?
Soraya Garlenq: Je suis franco-marocaine. J'ai grandi à Rabat. Mon père ne voulait pas que je fasse ce métier. J'ai donc pris le nom de ma mère qui m'a fait découvrir West Side Story et Fame. Après mon bac, j'ai été admise au Conservatoire National de région de Bordeaux.
À quoi ressemblait ta vie à Bordeaux?
J'avais 18 ans. C'étaient mes premières années de liberté totale, de filles, de boîtes, de saucisson et de vin. Ma motivation était de rencontrer des gens. Garçons ou filles, je ne me suis pas posée de question. D'ailleurs, je ne m'en suis jamais posée sur ma sexualité. J'ai juste eu des copines toute ma vie. En première année, je n'ai pas parlé de mon homosexualité. Je n'en avais pas honte mais je craignais d'avoir à supporter une autre étiquette qu'arabe.

Après le Conservatoire?
N'ayant pas l'argent pour vivre à Paris et ne me retrouvant dans aucune famille théâtrale, j'ai fait une pause. J'ai vécu une histoire d'amour avec une fille à Angers. Ensuite, j'ai emménagé dans la capitale. Les premiers mois, je passais mes nuits au Pulp sans avoir envie de parler aux filles. Le milieu théâtral parisien me paraissait pompeux. En casting, on ne me proposait que des rôles de taularde, de dealeuse ou de fille avec des problèmes d'insertion. J'étais mal à l'aise partout jusqu'à ce que je reprenne contact avec une fille du Conservatoire (Jean-Françoise dans la troupe). Elle m'a présenté Scotch Brit, sa cousine, qui côtoyait des gens d'«Air Guitar».
«Je pourrais faire une télé avec ma chérie, même si une partie de ma famille musulmane ignore mon orientation sexuelle.»
Et «Airnadette» alors?
Après une performance brosse à cheveux au Musée d'Art Moderne et le casting de la Nouvelle Star, Scotch Brit annonce à la télévision qu'elle monte un groupe «Airnadette». L'aventure est née dans la déconne. Dès le départ, le but était de décomplexer l'amusement avec des caricatures de prototypes existants, des clowns de nous-mêmes.
Pourquoi si peu de lesbiennes font-elles leur coming-out dans le milieu du spectacle?
Pour les mêmes raisons qu'il y avait peu -voire pas du tout- de chars de filles à la Marche des fiertés à Paris ces dernières années. Par le passé, les femmes voulaient faire passer d'autres droits comme le droit de vote. Aujourd'hui, elles sont occupées avec d'autres discriminations, bien réelles, liées à leur genre. Mais je conçois difficilement qu'en 2012 une femme ne vive pas publiquement son histoire d'amour avec une autre femme.
L'artiste doit-il montrer l'exemple?
D'abord, l'artiste a le devoir de défendre un projet mais je trouve aberrant qu'il nie son homosexualité si la question lui est posée. Devant le suicide de jeunes homos, il faut prendre la parole. Si je devais faire une télé avec ma chérie, je le ferai même si une partie de ma famille musulmane ignore mon orientation sexuelle. Si je devais me battre avec les miens, je le ferai. Personnellement, je n'ai pas envie de me marier mais c'est inadmissible de ne pas avoir le choix de le faire. Enfin, j'aimerais que l'on n'ait plus besoin d'aller en Espagne ou en Belgique pour avoir des enfants.
Regardez la bande-annonce du spectacle:
Airnadette en tournée: Le 21/06 Pelouse du Grand Lyon- Lyon, le 24/06 Solidays (Paris), le 14/07 Festival Terre du Son (Tours), le 21/07 Paléo Festival à Nyon (suisse)...
Photos: DR.










LES CHAÃŽNES 











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De escoam
Non demoiselle, un artiste comme tout le monde est libre de répondre où non à une question concernant son homosexualité.
Un artiste n'a pas forcément envie de se considérer comme un exemple ou un symbole.
A ce genre de question, je répondrais : "Ce ne sont pas vois oignons et occupez de vos fesses que vous avez fort jolies au demeurant."