Agonie: «Pour certains, une fille rappeuse ça n’est pas crédible»
INTERVIEW. Après un gros buzz sur Internet, la jeune rappeuse Agonie sort enfin son premier album. Et, bonne nouvelle, cette jolie frimousse originaire de Bretagne n’hésite pas à répondre aux machos. Avec TETUE, elle parle ménage, Internet et Orelsan.

TETUE: Ton premier album «De l'autre côté du miroir» est sorti il y a quelques mois. Mais c'est avant tout sur Internet que tu t'es fait connaître?
Agonie: Oui, je rappe depuis que j'ai 15 ans, mais à 19 ans j'ai décidé de créer une page MySpace pour y présenter les maquettes de mes chansons. Ma page m'a demandé beaucoup de temps et d'investissement, mais ça a payé. Suite au buzz de MySpace, MyMajorCompany m'a contactée. Ce site Internet propose aux internautes de devenir producteurs de musique. Pour mon CD, 238 producteurs ont donné des sommes allant de 10 à 6 500 euros. Pour une partie des internautes, c'est une façon de faire un investissement ; d'autres l'ont fait pour me soutenir.
Le rap est un milieu très peu féminin, alors on a forcément envie de te demander: comment ça se passe quand on est une fille rappeuse?
Être une fille dans le milieu du rap peut être un atout pour se faire remarquer. Mais il y a aussi des inconvénients. C'est juste plus dur pour une fille. Quand les gens voient une petite blonde qui fait du rap, ils se disent «c'est quoi l'arnaque?». Il y a souvent cette idée qu'une fille ne peut pas avoir de vécu, et donc qu'elle n'est pas crédible en tant que rappeuse. Et c'est vrai que les garçons du milieu rap sont souvent super machos...
Tu as écrit une chanson, «Tais toi nettoie», où tu t'amuses à échanger les rôles entre filles et garçons. Ça sonne un peu comme une réponse à Orelsan... [ndlr: Le rappeur a récemment fait scandale avec son titre «Sale pute»].
Beaucoup de gens l'ont effectivement prise comme une réponse à Orelsan. En réalité, la chanson a été écrite avant. Elle peut s'adresser à tellement d'autres rappeurs! Ce rap était un coup de gueule. Alors que tu n'es encore qu'une petite fille, on te conditionne en t'offrant des poupées ou des jouets en forme d'aspirateurs! Il faudrait vraiment que l'on se répartisse mieux les taches domestiques entre filles et garçons.
Et justement, qu'as-tu pensé de la polémique autour d'Orelsan?
Moi, sa chanson ne m'a pas choquée. C'est du troisième degré, il joue un personnage et je ne pense pas qu'il irait vraiment frapper une meuf. Mais c'est vrai que le morceau peut être mal interprété par des auditeurs. Et, sur l'ensemble de ses chansons, Orelsan sonne vraiment macho. Malheureusement, il est loin d'être le seul. Le rap français s'est beaucoup inspiré des Etats-Unis et de l'imagerie «tasspé et champagne». C'est un peu dommage.
Tu te considères comme féministe?
Oui. Je plaide pour la cause des femmes. L'idée c'est de ne pas se laisser marcher sur les pieds. Pour s'imposer dans le rap quand on est une fille, inutile de s'inventer des histoires de guns: autant parler de nous en tant que femmes. Comme, par exemple, la chanson où je parle de la naissance difficile de mon fils.
Est-ce que tu t'adresses aussi au public lesbien?
Je m'adresse à tout le monde. Je suis une fille et je n'ai pas le délire du rappeur homophobe. Je sais qu'il y a des lesbiennes qui me suivent. Mon public est assez varié de toute façon: je m'adresse à toute personne qui a un cœur... et des oreilles!












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De Fastbear
C'est clair que sur la photo on dirait une présentatrice du Club Mickey qui fait un disque pour gamins. Pourquoi pas. Mais de la a chercher la bénédiction du « milieu du rap » il y a de la marge !