A Paris, le festival Chéries-Chéris fait la part belle au cinéma français
Ce soir s'ouvrira à Paris la 17ème édition du festival de films LGBT Chéries-Chéris. La présidente Pascale Ourbih revient pour TÊTU sur le programmation de cette année, marquée par une large présence de films français.
La 17ème édition de Chéries-Chéris, festival de films «gays, lesbiens, trans et ++++», ouvrira ses portes ce soir pour les refermer le 16 octobre au Forum des Images de Paris. Au programme: 40 longs-métrages de fiction, 8 documentaires et 10 séances de courts-métrages, liés aux thématiques de l'homosexualité et de l'identité de genre.
Cette sélection sera présentée dans plusieurs sections: compétition, films de patrimoine, cartes blanches, soirées spéciales... Point commun entre les films projetés: la majorité d'entre eux est inédite en France, à commencer par le film d'ouverture, Bye Bye Blondie de Virginie Despentes, avec Béatrice Dalle et Emmanuelle Béart, qui n'a toujours pas trouvé de distributeur. Cette édition 2011 sera d'ailleurs marquée, et c'est une première, par une forte présence de films réalisés par des cinéastes et vidéastes français. TÊTU a rencontré la présidente du festival, Pascale Ourbih.
TÊTU: Quelle a été la feuille de route de cette nouvelle édition?
Pascale Ourbih: Le festival a été avancé cette année et cela a été un sacré défi à relever car nous avons dû sélectionner les films dans la foulée de Cannes, et en pleine préparation des festivals de Venise et de Toronto. Nous avons donc passé un été studieux en nous battant pour convaincre les distributeurs de nous «lâcher» les films!
Les festivals de cinéma ont de plus en plus de mal à être financés. Cela a-t-il été un problème pour vous?
Le budget tourne autour de 70 000 € et, cette année, les films nous ont coûté plus cher. Donc, oui, c'était dur. Heureusement, un nouveau partenaire privé nous a rejoint, le styliste Rick Owen, qui nous aide ponctuellement. Le plus grand casse-tête est de pouvoir faire venir des talents. Mais au final, je pense que nous aurons une meilleure édition.
Quelle est cette année votre ligne éditoriale ?
Elle ne change pas: trouver des films qui n'ont pas encore de distributeurs en France et qui interpellent.
Dans la sélection, on remarque de nombreux films français. Pourquoi ce choix?
Oui, c'est l'heureuse surprise. 20% des 40 films que nous avons retenus cette année sont français. Le film Bye Bye Blondie de Virginie Despentes avec Béatrice Dalle et Emmanuelle Béart fera d'ailleurs l'ouverture (photo ci-dessous).

Que retenez-vous des films présentés cette année?
Un thème un peu existentialiste revient souvent, comme dans le film français Sur le départ. Cela me rappelle une sorte d'Eric Rohmer, mais revisité à la sauce LGBT. Je dirais un retour sur le «soi» plutôt que sur le «nous».
Pourquoi avoir choisi Pierre et Gilles pour illuster votre affiche (photo du haut)?
Nous souhaitions rendre hommage à Paris. J'ai voulu honorer les personnes que j'ai aimées et qui m'ont faites rêver quand je suis arrivée dans la capitale. On a donc choisi Pierre et Gilles pour l'affiche et Marie-France, qui sera membre du jury.
C'est la 17ème édition du festival. Avez-vous encore des distributeurs qui ont du mal à vous «lâcher» des films à cause du titre LGBT et du propos de Chéries-Chéris?
La question se pose toujours, en effet. Assez fréquemment d'ailleurs. Un film cubain avait été sélectionné, mais on nous l'a retiré de peur qu'il soit «étiqueté». J'ai l'impression que l'on avance toujours pas.... Cela a été mon souci majeur lors de la sélection.
Il y aura aussi des discussions autour des films?
Les élections approchent et les thèmes de l'ouverture du mariage aux couples de même sexe ainsi que l'homoparentalité sont présents dans de nombreux courts-métrages. Nous accompagnerons les films de débats en invitant des responsables politiques. Notre affiche, c'est Pierre et Gilles en mariés. Ce n'est pas par hasard.
Festival Chéries-Chéries, du 7 au 16 octobre 2011 au Forum des Images de Paris (Forum des Halles). Retrouvez le programme complet sur le site officiel du festival.
Photo: DR.






















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De NémoGizmo
programation riche et très tentante, ça va être dur de voir tout ce qui peut me plaire...