Que voir au festival de films gays et lesbien de Paris jeudi 16 novembre?
La sélection du FFLGP par notre chroniqueur, chaque jour du festival.
"Les trans/versales" Deux courts métrages et un moyen métrage pour une programmation autour du transgenre et de l'identité sexuelle. A 19 heures - Le Cinéma du monde - 42 bd Poissonnière - Paris 10e - M° Bonne Nouvelle "La nuit C+ Gay aux paradis" "C+ Gay aux paradis": une sacrée promesse, mais le voyage sera pluriel, ludique… et même plus. Pour cette 11e édition, c'est une sensation de légèreté, et même de sensualité, qui se dégage de la programmation : "Ce n'était pourtant pas voulu" disent en cœur Joelle Matos, la rédactrice en chef du "Mensomadaire" et Pascale Faure, responsable de l'unité Programmes courts de Canal+, coprêtresses es organisation. "Nous avons reçu les projets bien en amont et les programmes forts qui sont ressortis n'étaient guère militants, mais plus sexe. Surtout du côté des filles. Et on attendait cela depuis longtemps". Comment en effet ne pas de réjouir de découvrir "Broute Minou à Palm Springs". Anna Margarita Albelo, plus connue sous son nom de scène La Chocha, figure de la nuit parisienne, est partie dans cette oasis au cœur du désert californien à la Dinah Shore Week End. Là , pendant deux jours de folie, 10.000 femmes du monde entier se réunissent dans un gigantesque happening débridé, pétillant et cul à la fois, à des années-lumière d'une certaine représentation classique des lesbiennes. Une sorte de méga "L Word", avec encore moins de tabou. Ce film est à l'image de la Chocha: drôle, caustique et sensuel. Tout comme le voyage que propose Jean-Baptiste Ereca avec "Cow Boy Forever". Direction le Brésil et plus précisément le Pantanal. Le réalisateur y a rencontré un jour un véto, défenseur des campeiros (les cow-boys locaux) qui a réussi à faire passer une loi anti-discrimination protégeant les minorités sexuelles. De son expérience, Ereca a imaginé une œuvre originale ou l'histoire d'une passion fascination entre deux cowboys, joué par deux vrais campeiros, au service d'une "poétique fiction". Le tout transcendé par cet Eden de tolérance et d'harmonie entre hommes et nature. On pense immédiatement au Secret de Brokeback Mountain, clin d'œil qu'assume le réalisateur en le renforçant une érotisation complice. Une douceur charnelle et érotique que l'on retrouve aussi dans "Paradix" de Lionel Bernard. En 2007, Colt, le mythique studio porno de San Francisco, fêtera ses quarante ans. Il a ouvert son coffre fort -la fameuse vault (ou cave)- où dorment films 8 mm et 16 mm, qui ont forgé sa touch. Du muscle, décliné sous tous les habillages (policier, militaire, jardinier)…et qui se déshabille avec une confondante décontraction. Ce collage kitsch est le point d'orgue fantasmagorique de la soirée. La recherche du plaisir aura t-elle perverti à ce point Canal pour en oublier la réalité? Pas tout à fait. Même si "La Cité rêvée" tient presque du fantasme éveillé. Laurence Haïm, a séjourné pendant plusieurs semaines dans une île à quarante kilomètres de New York: Fire Island. Ce décor immaculé à la nature protégée est devenue au fil des ans un paradis de liberté unique au monde. Ce sont les gays qui organisent toute la vie locale dans une sorte de démocratie épurée à la pureté virginale. Là , une constellation gay y revisite les valeurs de liberté, de la famille, dans une tolérance absolue. On y parle esprit de fête, respect, homoparentalité et sida (avec le témoignage bouleversant d'un couple frappé par la maladie) avec une tendresse et une ouverture d'esprit rare. Presque trop beau pour y croire…Loin des reportages marronniers qui accompagnent généralement la gay pride en juin, cette Nuit gay fait encore cette année entendre sa petite musique. Une musique que les spectateurs du Rex pourront partager avec les réalisateurs et réalisatrices de cette Nuit gay présents ce soir. A 20h30 – Rex 2 - Le Rex - 1 bd Poissonnière - Paris 1er – M° Bonne Nouvelle "Invitation à Brice Dellsperger" Artiste français né en 1972, Brice Dellsperger vit à Paris. Depuis 1995 il travaille sur des remakes de séquences de films cultes (Dressed to kill, Return of the Jedi, Saturday Night Fever, l'Important c'est d'aimer, My Own Private Idaho, Twin Peaks...). Il en a réalisé une quinzaine qu'il rassemble sous le titre générique de "Body Double". Dans ces récupérations cinématographiques, s'articulent des scènes volontairement bricolées avec un ou plusieurs acteurs se dédoublant constamment, le tout sur un fond de bande sonore originale. Le dédoublement de l'acteur incarnant tous les personnages, aussi bien féminins que masculins, implique un travestissement… Brice Dellsperger s'interroge sur le genre: homme/ femme, personnage androgyne, travesti… Il souhaitedans le même temps "un genre spécifique pour le cinéma". Cette première soirée est entre autres consacrée à "Body Double (X)", d'après L'important c'est d'aimer d'Andrzej Zulawski avec le comédien Jean-Luc Verna interprétant tous les rôles. A 21 heures au Cinéma du monde - 42 bd Poissonnière - Paris 10e - M° Bonne Nouvelle











