Que voir au festival de films gay et lesbien de Paris samedi 18 novembre?
La sélection du FFLGP par notre chroniqueur, chaque jour du festival.
"Gypo" Gypo, ou "gypsy" ou "gens du voyage"… Helen est mariée à Paul depuis 25 ans. Sa vie est monotone et glaciale. Helen est désespérée, blessée, et aspire au renouveau. Paul est au bord du gouffre, lassé de se trouver dans l'engrenage de la pauvreté. Amer, hypocrite et sectaire, Paul redoute le changement plus que tout. Puis Tasha fait irruption dans leurs vies. La jeune femme, une réfugiée Rom de République Tchèque, est en attente de son passeport britannique. Son passeport pour la liberté – un concept pris pour argent comptant par les gens qui l'entourent. C'est le premier film de la réalisatrice Jan Dunn qui a commencé sa carrière en tant que comédienne classique, avant de se lancer dans la réalisation de courts métrages. Gypo est le premier film anglais à suivre les règles du Dogma de Lars Von Trier. Il a remporté le prix du Meilleur premier film Frameline au festival de San Francisco 2005 et celui de Meilleure production au British Independant Film Awards 2005. Les deux actrices principales, vibrantes, méritent aussi une pluie de récompenses! A 14h15 – Rex 2 - Le Rex - 1 bd Poissonnière - Paris 1er – M° Bonne Nouvelle "Solange Du Hier Bist (Pendant que tu es là )" Mention spéciale au Festival du film de Locarno, Solange Du Hier bist est un projet de fin d'études tourné en vidéo par Stefan Westerwelle et présenté dans la section Cinéastes du présent. Il scrute la relation précaire d'un vieil homosexuel, confiné jusqu'au désespoir dans sa demeure et ses souvenirs, et d'un jeune prostitué victime lui aussi d'un sentiment de désarroi. Entre la table en formica de la cuisine et le salon d'où se détache le tic-tac lourd et funéraire d'une pendule sans âge, Stefan Westerwelle se souvient peut-être de Violence et passion de Luchino Visconti, quand le spectateur définit peu à peu les contours de ces intérieurs figés comme un tombeau, où deux solitudes tentent d'éprouver la survivance de leur union. Le film aborde une réalité sociale encore peu abordée: la sexualité du quatrième âge, les rapports flous entre prostitution et quête de contacts. Le tout est montré ici sans beaucoup de mots, et sans timidité. A 16h15 – Rex 2 - Le Rex - 1 bd Poissonnière - Paris 1er –M° Bonne Nouvelle Les courts du jour "Hommage à Jean Genet – programmes courts" Cet hommage prend deux formes. Pour la première fois, le festival a lancé un appel à films courts afin que chacun et chacune s'empare des thèmes, obsessions et des engagements propres à l'auteur. Une dizaine de programmes courts ont été reçus. On verra aussi des documents rares sur Genet (interview, reportages) ou des lectures. En point d'orgue, Un chant d'amour réalisé par Jean Genet en 1950. Totalement interdit pendant 24 ans, ce film nous plonge dans l'univers très poétique de l'auteur. A travers les affres, les désirs d'un prisonnier homosexuel, ses relations avec son geôlier y prennent figure humaine, atteignent à une poésie franche, sincère, dépourvue de toute obscénité. Un film culte. A 14 heures - Le Cinéma du monde - 42 bd Poissonnière - Paris 10e - M° Bonne Nouvelle "Courts côté filles" Une sélection de deux courts métrages inédits, dont un signé Guinevere Turner, l'une des créatrices de "The L Word". A 20 heures - Le Cinéma du monde - 42 bd Poissonnière - Paris 10e - M° Bonne Nouvelle "Boy Culture" Ce film dresse le portrait d'un trio sexy et attachant et des relations mouvantes qui les unissent: X est un prostitué fier et assuré, secrètement attiré par son colocataire, le craquant Andrew qui commence à goûter aux charmes du milieu, tandis que le troisième de ces colocataires, Joey, jeune, plein de vie et d'envies, ne semble pas s'en lasser! Un programme chargé de désir, d'amitié, de sexe et d'amour, même si les frontières ne sont pas toujours évidentes. Une comédie de mœurs fraîche et sensuelle dont on ressort avec le sourire aux lèvres. Depuis quelques années, Q. Allan Brocka, le réalisateur de Eating Out et du nouveau Boy Culture, récolte les honneurs dans les différents festivals de films. Boy Culture a déjà remporté huit prix, dont deux prix du jury des festivals de films gay de Philadelphie et de Los Angeles. C'est dire la réputation favorable dont jouissent ses productions. Boy Culture est une adaptation du roman de Matthew Rettenmund, écrit il y a une dizaine d'années déjà , et scénarisé par Philip Pierce et Brocka lui-même. S'il y a de beaux garçons autant dans ce film que dans les précédents et qu'on y parle de relations amoureuses, ces films sont à la fois similaires et différents. "Boy Culture est un film plus dramatique, plus psychologiquement développé. C'est un film plus sérieux qui, même si cela ne paraît pas au début, va plus en profondeur, s'interroge sur certains sujets, alors que les personnages se révèlent", explique Brocka. Encore méconnu en France, le travail de Brocka mérite en tout cas d'être en pleine lumière. A 20h30 – Rex 2 - Le Rex - 1 bd Poissonnière - Paris 1er – M° Bonne Nouvelle Les événements du jour "Au-delà de la haine" François Chenu, 29 ans, est battu à mort par trois skinheads dans un parc, la nuit du 13 au 14 septembre 2002, parce qu'il était homosexuel. Dans la lumière des phares, un père se demande ce qu'il peut encore vivre après ça... Il s'agit pourtant d'un parcours exemplaire que va suivre la caméra d'Olivier Meyrou avant et pendant le procès aux assises des trois accusés. Au fil des entretiens avec les avocats de la défense et de la partie civile et avec la famille Chenu, le documentaire montre comment des parents dépassent leur douleur, fidèles à leurs valeurs, pour que leur combat en faveur de la tolérance et du respect de l'autre prenne aujourd'hui tout son sens. "Au-delà de la haine" a obtenu le Teddy du meilleur documentaire au 56e Festival international du film de Berlin. En présence du réalisateur et suivi d'un débat. A 16h30 - Le Cinéma du monde - 42 bd Poissonnière - Paris 10e - M° Bonne Nouvelle "Invitation au Pornfilmfestival Berlin" "Quelle est la différence entre l'art et la pornographie? L'art est plus cher!" Telle est la devise du premier Pornfilmfestival qui a eu lieu à Berlin du 18 au 22 octobre dernier, sous la houlette de Jürgen Brüning, producteur, entre autres, des derniers films de Bruce LaBruce. Revisiter l'univers du porno par le film mais aussi par la musique, la photo et même le karaoké, c'était le pari de l'événement. Le Festival de films gay et lesbiens a repéré le meilleur de la sélection avec 13 productions venues d'Allemagne, du Brésil, des Etats-Unis ou de Singapour. A 22 heures - Le Cinéma du monde - 42 bd Poissonnière - Paris 10e - M° Bonne Nouvelle Séance spéciale soirée PinkTV "Noah's Arc" Voici une bande de garçons inséparables : Noah, un jeune scénariste fleur bleue, Ricky, un vendeur de fringues dragueur, Alex, un flamboyant activiste engagé dans la lutte contre le sida, ou encore Chance, un sage professeur. Joies, peines, galères et délires, ils partagent tout. Cela ressemble à "Sex and The City" pour l'esprit, et évidemment à "Queer as Folk" pour le concept. Mais avec une grosse différence. Grâce à cette nouvelle série intitulée "Noah's Arc", nous sommes au cœur de la communauté black et gay de Los Angeles, un univers rarement exploré par la télé ou le cinéma homo. Un feuilleton événement donc, à la fois grave et drôle, et qui aborde des thèmes comme le sida, les rapports interraciaux ou l'homophobie. On notera à ce sujet que certains artistes de rap ont interdit que l'on utilise leurs morceaux dans la BO, par ailleurs excellente. Produit avec succès par Logo, la chaîne gay du groupe MTV, "Noah's Arc" compte déjà deux saisons. Elles arrivent en janvier sur PinkTV. A 22h30 – Rex 2 - Le Rex - 1 bd Poissonnière - Paris 1er – M° Bonne Nouvelle











