Les sorties du mercredi 19 mai
" Ma Mère " de Christophe Honoré (lire Têtu n° 90) Injustement oublié en Sélection Officielle du Festival de Cannes 2004, le nouveau film de Christophe Honoré n'en est pas moins l'événement de la semaine. Que ceux qui ne sont pas sur la Croisette se rassurent donc, il se passe aussi des choses ailleurs qu'à Cannes. Avec cette adaptation du roman homonyme inachevé de Georges Bataille, Christophe Honoré (" 17 fois Cécile Cassard ") explore la relation incestueuse entretenue par une mère (Isabelle Huppert, comme d'habitude exceptionnelle) qui initie son fils à la débauche (la révélation Louis Garrel). Un sujet sulfureux qu'Honoré n'a pas délesté de scènes chocs emmenées par une troupe d'acteurs qui prend des risques (voir les performances de Joana Preiss et Emma De Caunes). En choisissant de transposer l'histoire dans un Ibiza nocturne rarement filmé d'une manière aussi glauque (boîtes quasi désertes, pédés à la dérive), Honoré met la touche finale à un récit maladif contaminé par la désespérance de ses interprètes. " People. Jet Set 2 " de Fabien Onteniente (lire notre entretien avec José Garcia dans Têtu n° 89) C'est dans un Ibiza nettement plus fun (le soleil, la techno, les folles hystériques) que Fabien Onteniente plante l'action de " People ". On ne remerciera jamais assez José Garcia d'avoir insisté auprès du réalisateur pour interpréter un héros homosexuel qui n'a rien à voir avec Da Silva, son personnage dans " Jet Set ". Grâce à lui, " People " n'est pas la suite plan-plan de " Jet Set " mais un spin off délirant qui fait passer la pilule de la caricature grâce à son humour. Dans le rôle de John John, un organisateur de soirées extravagantes dans l'île, José Garcia est tout simplement irrésistible. Manières efféminées mais musculature de béton, José Garcia se coule parfaitement dans la peau de celui qu'on surnomme " The Queen of Ibiza ". Face à lui, Rupert Everett interprète un prince déchu de la jet set parisienne qui va devoir affronter les clubbers et les go-go dancers pour redevenir " in ". " La Femme est l'avenir de l'homme " de Hong Sang-soo Véritable révélation du cinéma coréen ces dernières années Hong Sang-soo (" Turning gate ") déçoit avec son nouveau film. Comme si les honneurs cannois (le long-métrage figure en Sélection officielle du Festival cette année) avaient assagi le talent du cinéaste coréen. Il y a toujours autant de sexe dans son cinéma (le film suit le ménage à trois entre deux amis et la fille dont ils sont amoureux) mais les ébats sont ici désespéramment relégués sous la ceinture, réduisant le spectateur à l'état de simple voyeur. On attendait mieux...











