Les sorties de mercredi 14 novembre.
Paragraphe 175 de Rob Epstein et Jeffrey Friedmann (lire Têtu n°61). Les réalisateurs de The Celluloid Closet plongent à nouveau dans l'histoire de la communauté homosexuelle. Ils abordent le très tabou thème des déportations en camp de concentrations des homos pendant la seconde guerre mondiale. En Allemagne, ils sont partis à la rencontre d'une dizaine de survivants qui témoignent de leur vie avant guerre (Berlin était la capitale homosexuelle européenne) et du glissement vers l'horreur lors de la prise de pouvoir Nazie. Un documentaire extrêmement émouvant et particulièrement bien monté. Le Paragraphe 175 qui imposait la perte des droits civils, a été appliqué dans les deux Allemagnes jusqu'en 1969! L'Allemagne a présentée ses excuses après la projection du documentaire au Festival de Berlin 1999. Comme quoi, l'art a encore des conséquences heureuses sur la société. http://www.tellingpictures.com Made in the USA de Solveig Anspach (la réalisatrice de Haut les coeurs!) et Cindi Babski. Odell Barnes a été exécuté dans une prison du Texas le 1er mars 2001 alors que toutes les preuves de sa culpabilité n'étaient pas réunies. Les deux réalisatrices ont rencontré la famille Barnes, les avocats de l'accusation et de la défense... bref tous les acteurs de ce procès ultra politisé et médiatisé. Une oeuvre qui démontre avec intelligence et méthodologie la bêtise de la peine de mort. Rappelons qu'à l'époque le gouverneur du Texas était un certain Georges Bush Jr... L'Emploi du Temps de Laurent Cantet. Après Ressources Humaines, Laurent Cantet s'intéresse à une autre facette du monde du travail, très inspiré par l'affaire Romand. Vincent (l'excellent Aurélien Recoing) n'a toujours pas avoué à sa famille et à ses proches qu'il est au chômage. Il s'enferme dans une vie parallèle fondée sur le mensonge où il invente un poste haut placé dans une ONG à Genève. Ses journées se passent sur les routes alpines, il dort dans sa voiture en compagnie de son meilleur allié et complice : son téléphone portable. Un grand film sur la solitude, le chômage et la pression sociale. Fabuleux. Les Jolies Choses de Gilles Paquet-Brenner. Adapté du roman de Virginie Despentes, l'histoire de jumelles très dissemblables (interprétées par Marion Cotillard, étonnante). La première, Lucie, un peu pétasse, rêve de devenir une star de la chanson. Puisqu'elle n'a pas de voix, elle emprunte celle de sa jumelle Marie qui lui assure le succès. Lucie se suicide, Marie prend sa place et devient Lucie. On avait très peur, il faut l'avouer, mais le résultat est plutôt bon. Le film tient surtout à ses acteurs: Stormy Bugsy, Ophélie Winter, Titoff et Patrick Bruel sont excellents. Ma femme est une actrice d'Yvan Attal. Et elle s'appelle Charlotte. Le couple à la ville comme à l'écran livre une comédie très agréable. Yvan (journaliste sportif) ne supporte plus de voir sa femme faire l'amour avec d'autres hommes sur grand écran. La jalousie s'immisce dans le couple, ce qui mène à des situations burlesques délicieuses. Tosca de Benoît Jacquot. On attendait le faste qui accompagne normalement cet opéra, on a trouvé le minimalisme et l'austérité. C'est fort dommage car l'exercice du film-opéra est généralement un régal. Benoît Jacquot a privilégié l'interprétation (qui n'est pas si fameuse, exception faite de Ruggero Raimondi, excellent Scarpia) et alterne entre un décor minimal et des plans en DV de l'enregistrement du disque. Décevant. Chevalier de Brian Helgeland. Les américains fantasment toujours sur les combats de chevaliers qui n'ont jamais eu lieu sur leur terre. Par peur manifeste de s'ennuyer, ils actualisent l'Histoire en incluant une bande son rock. Bof... http://www.spe.sony.com/movies/aknightstale/home.html











