Le chanteur Sizzla interrompt sa tournée en Europe
Estimant que les revendications des associations LGBT allaient "trop loin", le chanteur de reggae jamaïcain a quitté l'Europe.
Sizzla, chanteur de reggae jamaïcain dont certaines paroles de chansons sont très homophobes, vient de quitter le territoire européen, et donc d'annuler tous ses concerts prévus en France. Il devait se produire ce week-end à Ramonville, près de Toulouse, et à Montpellier. Les raisons de l'interruption de la tournée font l'objet aujourd'hui d'une polémique.
"Les associations homosexuelles sont allé trop loin, Sizzla a pété un plomb et il est reparti en Jamaïque", explique à Têtu Benoît Collin, directeur de publication de la revue Reggae France, principal media reggae en France, qui s'est fait le relais en France de l'agent anglais du chanteur. "Tjenbé Rèd avait des exigences irréalistes." Parmi celles-ci, explique M. Collin, un don financier pour permettre aux militants LGBT de se déplacer, afin de faire un discours sur scène avant les concerts: catégoriquement refusé –"C'est du racket, et de toute façon un tel discours était impossible pour des raisons de sécurité, le public leur aurait jeté des bouteilles. Ils demandent à un chanteur jamaïcain de renier son fonds de commerce (sic), et les lois de son pays [l'homosexualité masculine est passible en Jamaïque de dix ans de prison et de travaux forcés, ndlr]. Il croit que l'homosexualité est un péché, il ne changera pas d'avis."
Mais, le 27 mai, Sizzla avait signé une nouvelle fois le Reggae Compassionate Act (RCA), un engagement contre l'homophobie dans la musique caribéenne. Depuis cette date, Tjenbé Rèd ne s'opposait plus sur le principe de ces concerts. Cette brusque annulation des concerts apparaît donc comme "incompréhensible" aux yeux de David Auerbach-Chiffrin, président de l'association: "On venait justement de trouver un terrain d'entente pour sortir de la situation demain, 28 mai, la maire de Montpellier Hélène Mandroux écrivait au préfet de région pour demander l'annulation du concert dans sa ville.
Tjenbé Rèd dit être "triste" et "rester ouverte au dialogue". Benoît Collin affirme que cette annulation est "très grave" et constitue "un grand retour en arrière qui pourrait braquer la Jamaïque, où Sizzla constitue un grand poids économique". Quant à Eddie Brown, l'agent du chanteur à Londres, en colère après avoir perdu "des centaines de milliers d'euros", il explique à Têtu se réserver la possibilité d'attaquer en justice les associations européennes ou les autorités allemandes, qui avaient interdit Sizzla d'entrée dans l'espace Schengen (lire Quotidien du 14 mai). Photo: DR.











