La moisson 2008 du Pornfilmfestival Berlin
Pour la 3ème année consécutive, Berlin s'apprête à célébrer l'industrie pornographique. Conférences, workshops, performances et à l'affiche une soixantaine de films, dont huit courts et deux longs-métrages lesbiens.
A quoi ressemble un porno féministe? C'est ce que la New-Yorkaise Audacia Ray tentera de définir dans un atelier au cours duquel les participants sont priés de ramener leur propre caméra. "Je crains qu'ils n'en concluent qu'un porno féministe est impossible", émet mi-sérieuse mi-ironique Manuela Kay, co-organisatrice du festival. Pourtant, Manuela Kay et Silke Dunkhorst ont réalisé en 1994 le premier porno lesbien allemand, "le premier et le seul", ajoute Manuela, lequel ne se distinguait pas par son sexisme. "Pour l'époque, "Airport" était osé, mais avec le recul il est très sage", commente la réalisatrice dans un sourire. En Allemagne, la production de pornos lesbiens est bien rare, puisqu'à part airport on ne trouve qu'un court-métrage réalisé par Polly Fannlaf et Laura Méritt (voir interview), et quelques courts davantage érotiques que pornos. Ainsi de Real Love d'Ena Schnitzlbaumer, DJ et organisatrice des soirées du Festival. "J'avais joué dans un court de Mitsu Salmon réalisé pour la 1ère édition du festival, explique Ena, ça m'a inspirée! Alors j'ai emprunté une poupée Barbie géante et m'en suis servie comme actrice". Jürgen Brüning, initiateur du festival et fondateur de Wurstfilm, une boîte de production de pornos gays, n'aurait rien contre le fait d'ouvrir une "branche lesbienne". Il vient, d'ailleurs, de co-produire le prochain long-métrage de Maria Beatty, Bandage, dont la sortie allemande est prévue en février. La réalisatrice présentera, lors du festival, son prochain film Post Apocalyptic Cowgirls, fable porno post-rock, sur une musique de Lydia Lunch et des Américaines Bunny Rabbit. Deux cow-girls brûlantes se rencontrent dans le désert américain après la fin du monde et prouvent que la révolution du porno sera lesbienne! Signalons également la diffusion de In Search of The Wild Kingdom, très représentatif de ce qui se fait actuellement dans la production de pornos américains lesbiens de l'écurie Crash Pad, où il y en a pour tous les goûts: Fem, Trans Stud Boi, trios, ainsi qu'une soirée spéciale Vampires lesbiennes. Dans la catégorie courts-métrages, signalons le court en compétition, The Apple d'Émilie Jouvet (voir interview avec Émilie au sujet du Pornfilmfestival de Berlin), photographe et réalisatrice de One Night Stand, premier porno français queer, avec pour héroïne sa muse inséparable Wendy Delorme. Côté workshops, Wendy Delorme proposera une leçon de "Fist pour femmes" avec Louise Deville, Judy Minx et Shu Lea Cheang. French connection toujours avec la présence de la réalisatrice et photographe française Manon des Gryeux en tant que membre du jury pour décerner le prix du meilleur court-métrage. Enfin, malgré la rareté de pornos lesbiens, il reste un signe positif pour cette troisième édition: sur la totalité des films, un tiers sont réalisés par des femmes. Pornfilmfestival Berlin du 22 au 26 octobre www.pornfilmfestivalberlin.de Céline Robinet / Ursula Del Aguila











