La chronique du fesival de Cannes: Import Export d'Ulrich Seidl
Après le Gus Van Sant, pas forcément envie de voir autre chose, mais quand même, on se pousse un peu au cul, et on file à la projection du film autrichien en Compétition, Import Export d'Ulrich Seidl. Ce type est en quelque sorte l'inverse de Gus Van Sant: là où l'auteur de Paranoid Park vogue du côté des fantasmes éthérés, de la caresse hypnotique, Seidl leur préfère un naturalisme poussé dans ses retranchements les plus crus, l'obscénité en bandoulière. On peut aimer la cruauté au cinéma (voir les films de Fassbinder, d'Argento, et de dizaines d'autres cinéastes), sauf qu'il s'agit ici d'une cruauté idiote, sans autre objectif que celui d'avilir ses figures et leur environnement. Un beauf qui humilie une prostituée, une pauvre fille qui se doigte sur le net pour survivre, et une cohorte de vieillards gâteux sur le point de crever, baignant dans leur merde, et éructant leur obsession de la mort: tels sont les personnages de ce film dégueulasse. Ulrich n'a qu'une idée en tête: nous montrer à nous, pauvres spectateurs lâches et pleutres, la dureté de cette chienne de planète, ses paysages froids, ses habitants les plus infâmes et médiocres, ses corps réifiés par l'argent ou rongés par l'agonie. Voilà de quoi l'humain est capable, voilà jusqu'où il peut descendre, regardez mesdames messieurs, regardez ce film droit dans les yeux, voilà ce qui vous attend. On peut aussi dire "scheisse" à ce mauvais cinéaste, et aller boire des verres avec quelques amis, dont Salvatore V., organisateur des fameuses soirées "Fuck la Fashion" aux Bains Douches, qui descend la Croisette en talons et collants roses, sous le regard effaré des flics cannois. Tout se finit autour d'une piscine, une poignée de potes réunis dans la douceur de la nuit. Désolé Ulrich: keine partouze glauque, aber beaucoup de tendresse sympatisch.
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