La chronique de Yann Gonzalez: Cannes, jour 7
Une fête peut-elle devenir un film ? Pourquoi pas, on parle bien de "la fête de Vincent Gallo" ou de "la fête de François Ozon", souvent plus que de leurs films d'ailleurs. Dans les fêtes cannoises, on croise des personnages récurrents (attachées de presse pompettes, jeunes comédiens en goguette, critiques sous Lexomil…), les scènes se répètent et se ressemblent (on est bourrés, on danse, on divague), l'ambiance est à la comédie bon enfant (le stupre cannois reste, pour moi en tout cas, une légende). Hier soir par exemple, "la fête d'Alain Guiraudie" était un film assez génial, tout aussi réussi que le premier long métrage du cinéaste de Gaillac, "Pas de repos pour les braves", présenté quelques heures plus tôt à la Quinzaine des Réalisateurs. B.O. à tomber (pour une fois qu'un DJ de la Croisette assure), acteurs en forme, chorégraphies formid'. Bref, ne manquait plus qu'une histoire, une digne de ce nom, une où j'aurais pu enfin rouler une pelle à un mec – avec happy end et direction chambre d'hôtel. Des jours que je cours après cette histoire-là , et des jours qu'elle m'échappe. Mais vers 4 heures du matin, les trois acteurs d'"Elephant" ont fait leur entrée, déjà stars, déjà à faire baver les critiques pédé parisiens (on les connaît, on a des noms). Soudain, nous étions tous chez Gus Van Sant, tous super hype, tous super beaux, et, logiquement, "la soirée d'Alain Guiraudie" est devenu notre film préféré.











