Hedwig à Paris !
La célèbre comédie musicale américaine Hedwig and the angry inch débarque enfin en France, après son immense succès Off Broadway, à l'écran et sur les scènes du monde entier.
L'histoire raconte l'errance d'Hedwig, jeune allemand de l'est qui a dû laisser un "petit quelque chose" et se travestir pour pouvoir suivre son amant américain aux Etats-Unis. Abandonnée par celui qui est devenu son mari à son arrivée, Hedwig a trouvé son salut dans le rock… Rencontre avec Mathieu Bonicel, son interprète sur scène.Qu'est-ce qui vous a séduit dans le rôle d'Hedwig ? C'est un rôle exceptionnel à plusieurs égards. Le personnage est à la fois touchant et drôle, toujours dans l'entre deux : entre l'Allemagne de l'est et les Etats-Unis, entre l'adulte et l'enfant, entre l'homme et la femme, entre la haine et l'amour... Le texte le dit lui-même. Par ailleurs, c'est un énorme défi à relever car on est globalement seul à tenir la pièce sur près de deux heures, avec beaucoup d'énergie à fournir dans le chant, le jeu, voire la danse... Enfin, outre le fait qu'elle aborde des questions qui sont rarement traitées même au niveau communautaire (identité de genre, transsexualité), Hedwig porte avant tout un message d'amour, qui s'adresse à un public extrêmement large ! Nous rêvons de faire de cette pièce un succès aussi populaire que celui qu'elle a connu chez nos amis anglais de la Janus Theatre Company avec lesquels nous travaillons.Comment abordez vous ce rôle, et notamment le travestissement ? J'aborde le travestissement comme toute autre prise de rôle. Un costume est un costume, il faut se l'approprier comme une seconde peau. La difficulté réside dans le fait qu'Hedwig ne fait pas le choix de se travestir, pas plus qu'elle n'a choisi de changer de sexe. Il faut donc faire ressentir cette contrition dans le personnage et montrer qu'elle est profondément marquée par l'horreur et le chagrin que lui inspire parfois son état. En revanche, elle est une artiste dans l'âme et use donc de tous les atouts que lui donne sa condition de travestie. C'est un être magnifique, plein de grâce et d'humour, mais profondément meurtri. Comment les traducteurs sont-ils parvenus à traduire ce texte très empreint d'humour gay new-yorkais et donc difficilement traduisible ?La pièce est pleine d'humour New Yorkais, effectivement. Mais c'est surtout le ton sur lequel John Cameron Mitchell (Co-auteur d'Hedwig, avec Stephen Trask et créateur du rôle principal) disait le texte qui était particulier. Ceux ont vu la pièce comprendront tout à fait, mais il y a ce ton très calme dans le film, ce qui fait d'ailleurs que le film est beaucoup moins drôle que la pièce. Il est impossible de conserver cette forme de stand-up comedy pour un public français qui n'y est pas habitué. La première d'Hedwig en Angleterre n'était pas un succès car le ton n'avait pas été adapté. Tout en conservant certaines références, qui ont une valeur internationale, nous avons beaucoup transposé et trouvé des références qui collent avec l'histoire ou l'actualité française. En outre, la pièce comporte une certaine part d'improvisation, et chaque représentation évolue donc en fonction du public, qui joue un rôle essentiel. Le public est réellement le public d'un concert d'Hedwig !Seriez-vous intéressé par d'autres rôles de comédie musicale ? Si oui lesquels ? Nous espérons monter prochainement le Rocky Horror Picture Show : j'y participerai sans doute mais je ne sais pas si je monterai sur scène. J'aimerais beaucoup pouvoir monter Fame et nous avons aussi pensé, avec notre metteur en scène John Lynch, reprendre la comédie musicale qu'il monte actuellement en Angleterre : Saucy Jack and the Space Vixens : un Jack l'éventreur qui tue ses victimes avec une chaussure à talons ! Hedwig and the angry inch, mise en scène de John Lynch et Guilain Roussel, première le 20 mars à l'Espace Reuilly, 21, rue Hénard, 75012 Paris. A 20h. D'autres représentations suivront au cours de l'année. Voir sur le site: hedwig













