Festival du film gay et lesbien de Paris
Suivez chaque jour notre sélection du Festival du film gay et lesbien de Paris. Notre chroniqueur vous donne ses bons plans et ses coups de cœur.
Quand le cinéma gay fait son festival
Dix ans, dix jours, 14 000 spectateurs ! L'an dernier, le festival de films gays et lesbiens de Paris a fêté brillamment une décennie de découvertes au service d'une cinématographie homosexuelle dont les contours sont plus que jamais complexes, imprévisibles et par la même excitants ! La preuve, cette nouvelle édition qui propose une sélection de films inédits en salles, balayant tous les genres, de la fiction, au documentaire en passant par le court-métrage. On remarquera d'abord la présence en force de l'Argentine avec deux films : "Ronda Nocturna " de Edgardo Cozarinsky et "Un ano sin amor" de Anahi Berneri. Des œuvres fébriles sur la dérive de deux êtres prisonniers de leurs désirs, ou la crudité des images n'interdit pas une sensibilité atypique. Un univers que l'on retrouve aussi dans "Odete" de Joao Pedro Rodrigues. Le réalisateur portugais du cultissimme "O Fantasma" y creuse encore le sillon de la passion destructrice avec un parti pris qui ne laissera personne indifférent. "La sélection penche cette année vers un cinéma d'auteur, plutôt sombre. Ce n'est pas une volonté délibérée, mais un reflet de la production actuelle", remarque David Dibilio, qui avec Florence Fradelizi dirige la programmation. "Les vraies surprises sont à trouver aussi du côté des documentaires", ajoute-il. Comme "That man : Peter Berlin", de Jim Tushinski, un étonnant portrait de cette icône gay des seventies, mythe sexuel passif, devenu fantasme sans jamais l'avoir voulu ou le très touchant "Bal des chattes sauvages" de Veronika Minder, ou l'histoire du mouvement lesbien en Suisse. On verra aussi une carte blanche à Pierre Trividic et Patrick Mario Bernard, une section "Territoire d'amour Israel –Palestine" ou une réflexion sur l'amour et l'identité sans oublier un voyage décalé, mais qu'il serait trop facile de classer sous l'étiquette "kitsch", avec une programmation autour du mythe du vampire, revisité par l'homosexualité. En prime, repérez les projections des œuvres de vidéastes qui font exploser la représentation des sexualités. Cette année, le festival se tient pour la dernière fois au Forum des Images. L'an prochain, celui-ci éclatera à travers la capitale. Un nouveau pari pour le festival qui en a déjà relevé beaucoup d'autres. On peut être confiant. Le sérieux, la curiosité et l'écclectisme qui ont toujours présidé à la réalisation de ce festival devrait résister à cette atomisation ! • Louis MauryToutes les infos sont dans la fiche de notre rubrique Sorties. - Journée du 21 octobre- Journée du 22 octobre- Journée du 23 octobre
















