Festival "Reflets, des films d'aujourd'hui pour penser demain", Ã Marseille
Pour la 6ème année consécutive, Michèle Philibert et Florence Fradelizi organisent le Festival "Reflets, des films d'aujourd'hui pour penser demain, aux thématiques lesbiennes, gay, bi et trans, du 2 au 6 mai.
À cette occasion, notre journaliste a interviewé Michèle Philibert, co-organisatrice du festival pour tetu.com. Pourquoi avez-vous eu envie de créer ce festival en 2002? C'est le fruit d'une histoire d'amitié avec Florence, d'une passion commune pour le cinéma, et surtout, d'une volonté militante. L'indifférence, l'injustice, le non respect de l'autre ont toujours été des choses que nous avons combattues. Avec ce Festival, nous oeuvrons, à notre façon, pour que les lesbiennes, les gay, les bi et les trans puissent être reconnus dans la société. Nous avons tout fait pour ce Festival se déroule sur une artère centrale de Marseille: la Canebière. Nous ne voulions pas qu'il se déroule dans un lieu excentré. C'est important pour la visibilité. Pourquoi ne pas avoir l'avoir appelé "festival du film gay et lesbien"? D'abord, parce qu'il existe déjà des festivals du film gay et lesbien dans d'autres villes, et que nous voulions respecter ce travail qui avait déjà été fait avant la création du festival sur Marseille. Et puis, aussi parce que nous voulions insister sur la particularité de notre festival. La dimension gay et lesbienne n'est pas absente du nom, puisqu'on dit clairement qu'il s'agit du "Festival Reflets… aux thématiques lesbiennes, gay, bi et trans". Mais en ne l'appelant pas "festival du film gay et lesbien", cela nous permet de mettre en avant une identité propre. Le "Festival reflets" s'appuie sur 3 axes: le cinéma, la musique et la création. Nous pensons que le festival ne doit pas se limiter à une programmation cinématographique de qualité. Il faut qu'on s'ouvre à d'autres formes de culture. Le Festival doit aussi être un lieu de débats, de réflexion. Nous sommes très fières de pouvoir présenter des films aux lycéens, et de pouvoir débattre avec eux. Avez-vous rencontré des difficultés pour associer des lycées à ce festival ? Oui, dès la 2ème édition, nous avions tenté de prendre contact avec l'éducation nationale, mais nous n'avons jamais eu de réponse. C'est donc grâce à l'engagement de certains professeurs que cela a été possible. Grâce à eux, nous pouvons à présent présenter des films aux lycéens, et les amener à réfléchir sur les thématiques lesbienne, gay, bi et trans. Nous remercions d'ailleurs les directeurs des établissements qui ont autorisé les professeurs à amener leurs classes à ce festival. Cette année la thématique du festival est centrée sur le droit des lesbiennes, gay, bi et trans. Est-ce que cela à un lien avec les échéances électorales ? Bien sûr. Notre festival se déroule entre les deux tours de l'élection présidentielle, et même si des avancées ont été réalisées en matière de droits, il faut toujours être vigilant. Malgré ces avancées, les lesbiennes, les gays, les bi et les trans sont, encore aujourd'hui, victimes de discriminations. Il faut clairement montrer ce qui s'est déjà passé, et ce qui se passe actuellement, et qui risque de se produire encore dans l'avenir. Avec le documentaire "Au-delà de la haine" d'Olivier Meyrou, on voit très bien qu'aujourd'hui, on peut encore être tué en raison de son homosexualité. Le programme détaillé : www.festival-reflets.org











