FFGLP, journée du jeudi 20 octobre
"Soirée Canal : 10 x + Gay" 23 juin 1995. La veille de la Gay Pride 1995, Canal Plus bousculait le PAF en proposant neuf heures de programmes homo centrés avec fictions, docus, clips et même films X. Une révolution, pas forcément saluée par tous. En cette fin d'année 2005, il n'est pas inintéressant de mettre cet événement en perspective, portée par une décennie qui a bousculé pas mal de tabous télé. L'occasion idéale de faire un bilan cathodique de la visibilité gay en France. Découvrir "La Zapette" de Patrick Menais, l'un des points forts de la Nuit gay de Canal, c'est mesurer l'étendue du chemin parcouru. Que d'extraits ou l'homophobie, rampante ou assumée, est mise en exergue. Que de caricatures, de résumé facile. Revoir un concentré des neuf émissions précédentes permet aussi de féliciter la chaîne cryptée pour le travail quasi pédagogique fournir sur la période. Chaque saison, des thématiques jusqu'ici tabous ont été abordées : la culture gay européenne, le travail associatif, le monde des trans, l'univers queer ou un vrai regard sur les lesbiennes l'an dernier. Pour cette dixième édition, la programmation balaye encore les réalités gay avec un sens unique de la variété. On passe de l'univers très "Vénus beauté, institut" de "La vie de Salon" de Loïc Prigent (les tribulations d'un salon de coiffure du Marais) au portrait de José Cuneo, cet Argentin aux allures de sale môme, auteur de la cultissime bande dessinée "Le mariage de Roberto". Avec "Via Dolorosa" de Ayal Goldberg, on part ensuite en Israël dans les coulisses de la Gay Pride organisée à Jérusalem à Madame H qui passe Roseline Bachelot, Noël Mamère ou Pascale Ourbih à la question. "Riots Girls" de Florence Fradelizi nous entraîne sur la scène rock lesbienne pendant que "De griffes et de paillette " de Loïc Bernard nous présente les Panthères Roses, enfants du FHAR et de Act Up. Sans oublier l'attachant voyage personnel réalisé par Vincent devenu Kristina. Ou ARTIX, des programmes courts réalisés par un collectif d'artistes contemporains queers. Avec ce programme d'une diversité toujours rare, cette Nuit Gay ne perd rien de son énergie et de sa curiosité. Y aura-il une onzième édition ? Mystère…On a pourtant envie de repartir pour dix ans. A 21 h - Auditorium











