En direct de Cannes: la chronique du jour
"Smiley Face" est une sorte de cartoon géant, pop et vaguement hystérique.
Deux films attendus, deux déceptions relatives. Elle s'appelle Sabine, de Sandrine Bonnaire (Quinzaine des réalisateurs), est un portrait documentaire de la sœur de l'actrice, autiste dévastée par un traitement de choc dans un hôpital psychiatrique. Entre culpabilité, tendresse, images d'archives et dénonciation du système médical, Bonnaire signe un film maladroit, mal fichu, mais assez émouvant par moments. Particulièrement lorsque la réalisatrice néophyte superpose les images du passé et celles du présent. D'un côté, une Sabine juvénile, gracieuse, pleine de vie, qui joue du piano et sourit. Dix ans plus tard, une trentenaire bouffie par les médicaments, se bavant dessus, peinant à marcher et à s'exprimer, ressassant les mots de sa solitude quand elle ne ravale pas ses larmes. Pourtant, ce contraste choc entre hier et aujourd'hui ne suffit pas à combler l'insuffisance du montage et de la mise en scène, plus proches d'un reportage télé que d'un documentaire de cinéaste. Dans la soirée, Gregg Araki monte lui aussi sur la scène de la Quinzaine afin de présenter sa nouvelle comédie, Smiley Face. Radieux et excité comme une puce, l'auteur de Doom Generation nous promet un trip comme on n'en a jamais vu. Hélas, le cinéaste gay ne tient son pari que sur un tiers du film. Chronique d'une jeune actrice défoncée au shit et aux space cakes, Smiley Face est une sorte de cartoon géant, pop et vaguement hystérique. Mais au bout d'une demi-heure, Araki semble avoir épuisé toutes ses bonnes idées et son film traîne en longueur, probablement trop stone lui aussi. On finit même –un comble!– par s'endormir devant les gags lourdingues de celui qui fut, jadis, notre gourou (Nowhere, vu 17 fois d'affilée à la sortie de notre adolescence). On se retrouve lundi pour un commentaire du palmarès, en espérant que l'ami Gus Van Sant remporte une seconde fois la mise…













