CinéTêtu: "La très très grande entreprise", très très politiquement correcte
D'un côté une multinationale d'agro-chimie, de l'autre quatre riverains agacés, dont un cuisinier gay, interprété par Jean-Paul Rouve.
Même si les intentions sont les meilleures possibles, il y a des limites au politiquement correct. Et il semblerait qu'avec son dernier opus, Pierre Jolivet les ait atteintes. Soient donc quatre victimes collatérales (un homo interprété par Jean-Paul Rouve, un Arabe, une femme mal mariée et un "djeun" altermondialiste) de la pollution et du mépris d'une usine de produits pétrochimiques. Fous de rage devant une indemnisation aussi minuscule qu'insultante, ces mousquetaires montent à Paris pour tenter d'infiltrer le siège de l'entreprise et y dénicher des documents compromettants.
Pour quelles raisons le cinéaste se croit-il obligé de jouer des stéréotypes et de grossiers clichés dans la composition de son quatuor de justiciers? Etait-il vraiment nécessaire de convoquer ainsi un représentant de chaque "minorité" pour faire mine de jouer la carte de la tolérance? D'autant plus qu'à force de ne jamais exploiter ces différences et de les lisser au nom du bien-pensant, il n'en fait rien de pertinent, ni d'audacieux, ni d'un tant soit peu utile au scénario, et signe au final qu'un film sagement consensuel, idéalement formaté pour un prime de service public.
"La très très grande entreprise" de Pierre Jolivet, avec Roschdy Zem, Jean-Paul Rouve, Marie Gillain (France, 2008, 1h42).
www.latrestresgrandeentreprise-lefilm.com
Photo : DR.

















