Cannes 2006, Chronique 9
Almodóvar fait sa parfumée à la remise des prix: deux claques, et au lit!
Comment parler d'un palmarès dont on n'a vu aucun film? En restant superficiel, darling. En évoquant les airs potiches de Diane Krüger, la morgue désormais familière de Vinz' Cassel (moins à l'aise qu'à l'ouverture), les lunettes so cool de la cinéaste argentine Lucrecia Martel, la rigidité un peu triste de Sandrine Bonnaire, etc., etc. Mais surtout, le visage déconfit de Pedro Almodóvar. Pedro, "seulement" récipiendaire d'un sextuple prix d'interprétation féminine et d'un prix du scénario. La presse locale, Nice Matin, titre "L'Affront fait à Pedro", tandis que Pedro, lui, se recroqueville dans son fauteuil, la gueule tassée, comme en attente d'être flagellé sur la place publique. Hey, gros Pedro, calme-toi un peu, je n'ai pas encore vu Volver (j'y vais ce soir avec ma mère, qui t'adoooore, comme elle adoooore Dany Brillant), c'est sûrement très bien, très flamenco, très "emoción", mais il n'y a vraiment pas de quoi tirer la tronche. OK, t'as une carrière extra derrière toi, des hordes de femmes qui te lèchent les bajoues, mais tu pensais vraiment que la Palme te revenait de droit? C'est en tout cas ce que ton regard reflétait hier soir, à peine un sourire pour tes actrices, à peine une esquisse de joie pour ton scénario, tes yeux, hier soir, c'était "la Palme ou rien", comme un enfant trop gâté par la vie. Sinon, le palmarès, à vue de nez, semblait plutôt très bien, empreint de sagesse et d'élégance, à l'image de Wong Kar-Wai. Pas de quoi crier au scandale – on serait mal placé. Juste le reflet honnête d'une sélection que la rumeur et les journalistes ont jugé assez médiocre. Le bonheur, cette année, était ailleurs (hors compét' avec Shortbus, et surtout à la Quinzaine des réalisateurs, avec plus d'une dizaine de films passionnants); Thierry Frémaux n'a pas vraiment suscité notre curiosité. Gilles Jacob lui laissera-t-il une nouvelle chance? À vrai dire, on s'en fout un peu, on rentre à Paris, il paraît qu'il fait moche, et le pire, c'est qu'on ne va rien trouver de mieux à faire que d'aller au cinéma. La lose, quoi.











